Jean-Michel Aulas n’a pas seulement dirigé l’Olympique lyonnais pendant 36 ans : il a créé, développé puis introduit en Bourse Cegid, avant de transformer le modèle économique du club. Entrepreneur et investisseur, il partage une vision simple et structurée : pour investir, il faut une stratégie, des compétences et une capacité à travailler avec les autres. Voici ce qu’il faut retenir de son parcours et de sa façon d’aborder l’investissement.

Créer, développer, transmettre : l’ADN entrepreneurial de Jean-Michel Aulas

Jean-Michel Aulas le rappelle : il crée sa première entreprise à 18 ans. Lorsqu’il fonde Cegid en 1983, il identifie la rencontre entre une technologie en plein essor (la micro-informatique) et un besoin réel (le nouveau plan comptable). Pour lui, la valeur se crée quand l’innovation répond à un usage clair.
Il explique qu’il ne s’agissait pas d’un pari risqué, mais d’un projet pragmatique : développer un produit utile, capable d’améliorer la productivité des entreprises.

L’IA : priorité pour les entrepreneurs comme pour les investisseurs

S’il avait 34 ans en 2025, il irait vers l’intelligence artificielle. Pas vers la recherche fondamentale, mais vers des applications concrètes capables d’améliorer l’efficacité opérationnelle.
Selon lui, les usages — et non la technologie en elle-même — créent la valeur réelle. Il encourage d’ailleurs les entrepreneurs à explorer des cas d’usage où l’IA modifie les métiers, sans se limiter à une vision de remplacement des emplois.

Pourquoi il a introduit Cegid en Bourse… et pourquoi il recommencerait aujourd’hui

Cegid a été introduite en Bourse seulement trois ans après sa création. L’objectif était d’obtenir la crédibilité nécessaire pour accélérer. À l’époque, la Bourse permettait à une entreprise régionale de devenir un acteur national.
Il le dit clairement : oui, il referait la même chose aujourd’hui. Lorsqu’on démarre avec peu de moyens, la confiance des investisseurs est souvent déterminante.

Comment il a transformé l’Olympique lyonnais en projet entrepreneurial

Lorsque Jean-Michel Aulas reprend l’Olympique lyonnais en 1987, le club est en difficulté. Il applique une logique d’entrepreneur :

  • Transformation en société anonyme.
  • Étude stratégique réalisée par McKinsey pour définir le modèle du club à 10 ou 15 ans.
  • Construction d’un stade privé.
  • Développement d’activités autour du sportif pour créer un écosystème rentable tout au long de l’année.

Le club devient une entreprise structurée, avec plusieurs sources de revenus et une vision de long terme.

Entreprise ou club de foot : les mêmes règles de gestion

La méthode reste identique :

  • des actionnaires capables d’accompagner le projet,
  • des compétences bien positionnées,
  • une organisation qui délègue,
  • un travail collectif,
  • et une identité forte.

Pour lui, un projet fonctionne lorsque les équipes sont fières d’y travailler et que tout le monde partage la même direction.

Faut-il éliminer les émotions dans le business ?

Sa réponse est non. Pour lui, l’empathie est un levier de cohésion. Elle permet de fédérer, de tenir dans les périodes difficiles et de porter un projet ambitieux sur le long terme.

Son engagement politique : une démarche locale, pas nationale

Il distingue clairement son engagement de celui de Bernard Tapie. Il s’engage uniquement à l’échelle municipale, pas nationale. Selon lui, la gestion d’une ville s’apparente à la gestion d’une entreprise : rassembler des compétences, créer de la croissance, améliorer le quotidien.
Il rejette toute ambition nationale. Son engagement s’inscrit dans une logique de proximité et de transmission, facilitée par la passation progressive de ses entreprises à son fils.

Où il investit aujourd’hui… et où il investirait à 25 ans

Via Allnest, son family office, il s’intéresse aux secteurs liés à la santé et aux biotechnologies orientées vers le traitement ou la prévention des maladies.
Mais s’il avait 25 ans aujourd’hui, il investirait d’abord dans l’intelligence artificielle. Pour lui, l’IA et la santé avancent de manière complémentaire et ouvrent de nouvelles pistes de développement.

Son conseil aux investisseurs

Il résume sa philosophie de manière simple : croire en soi, savoir déléguer, rester à l’écoute des autres et rechercher les bonnes rencontres.
Il considère que de nombreuses trajectoires se jouent au moment où l’on croise la bonne personne.

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