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Beaucoup de personnes savent qu’elles devraient investir, mais repoussent sans cesse le moment de commencer. Le sujet paraît complexe, chronophage, risqué. Pourtant, comme le montre cette discussion, ce n’est pas le manque d’argent ni le manque de connaissances qui bloque le plus souvent, mais l’absence de méthode claire.
Investir ne consiste pas à chercher le bon coup, ni à suivre les marchés tous les jours. C’est d’abord une question d’organisation, de stratégie et de cohérence avec son horizon de temps. En moins d’une heure, il est possible de poser les bases d’un système simple, durable et adapté à sa situation.
Pourquoi procrastiner coûte très cher
Remettre l’investissement à plus tard n’est jamais neutre. Laisser son argent sur un compte courant entraîne une double perte.
D’abord, l’inflation fait perdre du pouvoir d’achat. À 3 % par an, une dépense annuelle de 50 000 euros aujourd’hui représenterait plus de 120 000 euros dans trente ans pour maintenir le même niveau de vie.
Ensuite, il y a le coût d’opportunité. Historiquement, le marché des actions, pris dans son ensemble, a offert un rendement moyen de 6 à 8 % par an sur le long terme. À ce rythme, le capital double environ tous les dix ans. Ne rien faire revient donc à renoncer à cette croissance.
Enfin, il y a le coût psychologique. Beaucoup de personnes se reconnaissent dans cette situation : lire, écouter, s’informer… sans jamais passer à l’action. Un an plus tard, rien n’a changé, et la frustration grandit.
Première étape : ouvrir les bons comptes
Avant même de choisir des investissements, il faut créer l’infrastructure.
Deux enveloppes sont citées comme des piliers :
Le PEA, présenté comme un cadeau fiscal. L’argent peut y fructifier sans impôt tant qu’il reste dans le plan, et après cinq ans, les gains peuvent être retirés sans impôt sur le revenu (hors prélèvements sociaux).
L’assurance vie, qui offre un avantage fiscal après huit ans, et permet d’investir à la fois sur des supports sécurisés (fonds en euros) et sur les marchés (unités de compte).
Mais un point est martelé : les frais font toute la différence.
Frais de versement, frais d’arbitrage, frais de gestion… Un écart de 1 % par an sur la durée peut représenter des centaines de milliers d’euros en moins. Le critère numéro un devient donc la simplicité et le faible coût.
Deuxième étape : construire un fonds d’urgence
Avant d’investir, il est essentiel de sécuriser une réserve de liquidités.
L’objectif n’est pas de générer un rendement, mais d’éviter d’être contraint de vendre ses placements au mauvais moment.
Ce fonds doit représenter trois à six mois de dépenses, et être placé sur des supports sans risque et disponibles rapidement (livret A, LDD, compte sur livret).
Cette poche permet de faire face aux imprévus sans toucher à ses investissements long terme.
Troisième étape : investir selon son horizon de temps
Tout le reste dépend d’une seule question : quand aurez-vous besoin de cet argent ?
Si l’horizon est inférieur à 5 ans
Dans ce cas, investir en bourse devient un pari. Les marchés peuvent baisser au moment précis où vous devez récupérer votre argent.
Pour cet horizon, la priorité est la sécurité : supports sans risque, fonds en euros, livrets. Le but est de préserver le capital, pas de chercher un rendement élevé.
Si l’horizon est supérieur à 10 ans
C’est ici que la logique change. Sur le long terme, l’exposition aux marchés devient pertinente.
La stratégie proposée est volontairement simple : PEA + ETF MSCI World pour s’exposer à la croissance globale, sans passer des heures à sélectionner des entreprises.
L’idée n’est pas de prédire les marchés, mais de capturer leur évolution globale, avec régularité et discipline.
Attention aux fausses diversifications
Empiler plusieurs ETF ne signifie pas forcément être mieux diversifié.
Par exemple, associer un ETF MSCI World à un ETF S&P 500 revient souvent à renforcer l’exposition aux États-Unis, puisque ces entreprises sont déjà largement présentes dans l’indice mondial.
Ce qui compte n’est pas le nombre de lignes, mais la composition réelle de ce que l’on détient.
Le principe clé à retenir
Le plus grand risque n’est pas de mal choisir un produit.
Le plus grand risque est d’investir sans stratégie ou de ne jamais commencer.
Une méthode simple, alignée avec ses objectifs et son horizon, permet de passer à l’action sans se perdre dans la complexité. L’important n’est pas d’optimiser chaque détail, mais de bâtir un système que l’on peut tenir dans le temps.
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