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La retraite n’est pas un sujet réservé aux fins de carrière. En 2026, elle devient un réflexe de gestion, au même titre que la constitution d’une épargne de précaution ou l’achat de sa résidence principale. La bonne approche n’est pas de chercher le placement parfait. C’est d’aligner trois éléments : votre situation, votre objectif, votre stratégie d’épargne.
L’enjeu est simple. La plupart des actifs auront un décalage entre ce qu’ils aimeraient percevoir à la retraite et ce que le système leur versera. Pour combler cet écart, il faut une méthode claire, applicable, et surtout durable.
Commencer par mesurer l’écart à combler
Avant d’investir, il faut savoir où vous en êtes. La première étape consiste à contrôler votre carrière et à repérer les incohérences : périodes manquantes, erreurs de déclaration, trimestres non pris en compte. Cette vérification est une base indispensable, car elle conditionne la suite.
Ensuite, posez une question concrète : combien voulez-vous percevoir chaque mois à la retraite. Une fois ce montant défini, comparez-le à une estimation de vos droits. Ce simple écart donne une direction. Il transforme la retraite en projet chiffré, et non en sujet abstrait.
Femmes et enfants : comprendre ce qui compte vraiment
Avoir des enfants n’est pas un frein automatique pour la retraite. Certaines périodes liées à la parentalité ouvrent des droits en trimestres, ce qui peut aider à sécuriser la durée d’assurance.
Le point de vigilance se situe ailleurs. La retraite dépend aussi du niveau de revenus cotisés. Un congé parental peut permettre de valider des trimestres tout en réduisant les revenus pris en compte. Résultat : la durée peut rester correcte, mais le montant de pension peut baisser.
La logique à retenir est donc double : sécuriser les trimestres et anticiper l’impact sur le montant, surtout si des interruptions de carrière existent.
Travailler à l’étranger sans dégrader sa retraite
Une expérience à l’étranger peut s’intégrer dans une trajectoire retraite solide, à condition de comprendre le cadre.
Si vous partez avec un statut de détaché, la continuité est généralement plus simple, car votre rattachement au système français reste proche.
Si vous partez en contrat local, tout dépend de l’existence d’une convention entre la France et le pays d’accueil. Quand elle existe, des périodes travaillées peuvent être reconnues pour éviter une pénalité liée au nombre de trimestres. En revanche, les cotisations versées à l’étranger génèrent souvent des droits dans le pays concerné. Vous pouvez donc vous retrouver avec plusieurs retraites, selon les pays.
Si aucune convention n’existe, une option consiste à continuer à cotiser via un dispositif dédié aux Français à l’étranger, afin de ne pas créer de rupture de droits.
Dans tous les cas, un réflexe est vital : conserver tous les justificatifs de travail. Sans documents, les droits peuvent devenir difficiles à faire reconnaître plus tard.
Salarié ou indépendant : même objectif, trajectoires différentes
La retraite par répartition suit une logique commune, mais la réalité diverge selon le statut.
Un salarié cotise généralement plus et bénéficie d’un cadre plus automatique. Un indépendant, lui, cotise souvent moins, ce qui implique fréquemment une retraite plus faible. Le bon raisonnement consiste à transformer cette différence en avantage stratégique : investir une partie de ce que l’on ne cotise pas.
L’indépendance demande donc une discipline supplémentaire. Ce qui n’est pas “pris” en cotisations doit devenir une épargne long terme, sinon l’écart se paie plus tard.
Prévoyance : la priorité absolue pour les indépendants
Pour un indépendant, préparer la retraite sans sécuriser son revenu est une erreur classique. La prévoyance est un socle, pas un produit secondaire.
Trois risques doivent être couverts : décès, invalidité, arrêt de travail. Le principe est simple : si vous ne pouvez plus travailler, vos revenus chutent. Les indemnités versées par le régime obligatoire peuvent être insuffisantes, surtout si vous avez des charges fixes et des frais professionnels.
L’approche efficace consiste à partir de vos chiffres. Si vos revenus mensuels sont de 4 000 euros et que votre protection de base ne vous en laisse que 2 000 en cas d’arrêt, l’écart doit être compensé par une couverture adaptée.
Il faut aussi être attentif aux exclusions, en particulier si vous pratiquez des activités à risque. Une couverture utile est une couverture comprise, déclarée correctement et validée contractuellement.
Investir en 2026 : la règle qui évite les mauvais départs
Investir pour la retraite ne se résume pas au choix des supports. Le point décisif, c’est la manière d’entrer.
Il existe une différence majeure entre deux situations.
Quand vous investissez progressivement, vous lissez les points d’entrée. Vous réduisez le risque de tomber sur une mauvaise période. Vous diminuez les décisions émotionnelles et vous construisez une trajectoire régulière.
Quand vous investissez une grosse somme d’un coup, vous vous exposez davantage au risque de mauvais timing. La prudence devient alors essentielle, surtout si les marchés sont déjà hauts ou instables.
La règle est claire : progressif si vous construisez, plus prudent si vous investissez en une seule fois.
Une allocation simple pour construire sur le long terme
Pour une stratégie retraite, une allocation cohérente repose sur des poches complémentaires.
Une partie peut être placée sur des supports prudents, utiles pour stabiliser l’ensemble et éviter d’être entièrement exposé aux variations rapides.
Une autre partie peut être orientée vers l’obligataire, via des fonds gérés, afin de diversifier le risque et de rechercher une performance plus régulière que les actions dans certaines phases de marché.
Enfin, une poche actions reste pertinente sur une trajectoire retraite, à condition d’accepter la volatilité et de raisonner sur une durée longue. Les actions ne sont pas un outil de confort à court terme. Elles deviennent un outil de construction quand l’horizon est suffisamment lointain.
La clé n’est pas de viser une performance spectaculaire sur une année. La clé est de bâtir une allocation que vous pourrez conserver, ajuster, et renforcer dans le temps.
Le PER : utile, mais pas toujours prioritaire
Le Plan d’Épargne Retraite peut être un outil intéressant, notamment parce qu’il encourage l’épargne longue et permet d’investir sur différents supports.
Son principal inconvénient est structurel : l’argent est bloqué jusqu’à la retraite, avec des cas de sortie anticipée prévus par le cadre du produit.
Son intérêt dépend fortement de votre situation fiscale. Plus l’imposition est élevée, plus la déduction à l’entrée peut avoir du sens. À l’inverse, quand on débute, il est souvent plus logique de construire d’abord une base plus souple, puis d’envisager le PER au moment où la fiscalité rend l’outil réellement efficace.
Le PER n’est donc pas un réflexe automatique. C’est un choix qui se fait en fonction de la stratégie globale et de votre capacité à immobiliser l’épargne.
Conclusion : une retraite solide se construit avec discipline, pas avec du timing
Construire sa retraite en 2026 revient à suivre une logique simple : vérifier sa situation, définir un objectif, épargner régulièrement, diversifier, et protéger son revenu, surtout quand on est indépendant.
La performance n’est pas le cœur du sujet. Le cœur du sujet, c’est la cohérence. Une stratégie retraite réussie est une stratégie que l’on tient, que l’on comprend, et que l’on renforce dans la durée.
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