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31.03.2026
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En France, la retraite des femmes est 40 % plus basse que celle des hommes. Près de 15 % d’entre elles ne possèdent qu’un compte joint, sans aucun compte bancaire personnel. Malheureusement, ce décrochage n’a rien d’accidentel. Il résulte d’un déficit de culture et d’éducation financière et en conséquence, de choix patrimoniaux et de couple, souvent mal calibrés.
Les produits financiers sont les mêmes pour tous. Les trajectoires de vie, elles ne le sont pas. Interruptions de carrière liées à la maternité, écarts de salaires et temps partiel…
Ces paramètres imposent une approche patrimoniale sur mesure.
Investir n’est pas un luxe, c’est un outil indispensable pour corriger les asymétries de parcours et garantir aussi son autonomie.
Au‑delà de ces enjeux spécifiques aux femmes, il existe en France un déficit global d’éducation financière : selon un récent sondage Odoxa, près d’un Français sur deux se dit insuffisamment compétent, mal accompagné ou mal préparé pour investir et gérer son propre patrimoine.
Autrement dit, les difficultés ne sont pas seulement individuelles : elles s’inscrivent dans un contexte général où la culture financière reste encore trop faible pour permettre à chacun, femmes comme hommes, de prendre des décisions éclairées et de sécuriser son avenir.
Le partage des frais et charges à parts égales est souvent perçu comme le sommet de l’équité. C’est pourtant une erreur qui peut être coûteuse, car elle ne tient compte ni de l’asymétrie des revenus, ni de la nature des dépenses.
L’exemple le plus parlant est celui du « panier des dépenses quotidiennes vs immobilier et investissements financiers », dont les effets peuvent être sensiblement différents selon le régime matrimonial :
- Madame paie les dépenses de consommation immédiate qui disparaissent une fois utilisées (les courses etc…).
- Monsieur paie le crédit immobilier et investissements (des actifs qui perdurent).
En cas de séparation et selon leur régime matrimonial applicable, Monsieur pourra, le cas échéant, revendre ou récupérer sa part du logement, ou des investissements. Madame, elle, ne pourra pas récupérer les dépenses qui ont été consommées pendant 10 ans. L’un a construit un patrimoine, l’autre a financé le fonctionnement et la gestion courante du foyer.
Choisir son cadre : Comprendre les règles du jeu
Selon votre situation matrimoniale, la loi française prévoit des règles radicalement différentes sur les droits et devoirs dans la vie de couple. Voici ce qu’il faut retenir en fonction de la situation matrimoniale pour mieux se protéger et envisager aussi la protection de son conjoint(e) :
| Situation matrimoniale | Propriété des biens | Solidarité des dettes | En cas de décés |
|---|---|---|---|
| Union Libre (Concubinage) | Séparation totale des patrimoines. Ce que vous achetez est à vous. | Aucune solidarité (sauf bail commun). |
Aucun droit dans la succession (taxé à 60%). |
| PACS (Séparation de biens) |
Chacun reste propriétaire de ce qu’il achète seul. |
Solidaire pour les besoins de la vie courante. |
Aucun droit légal dans la succession, testament obligatoire pour héritier (exonération des droits de succession). |
| Mariage (régime légal -communauté réduite aux acquêts) |
Tout ce qui est acheté après le mariage est commun (50/50). |
Solidarité des dettes ménagères et l’entretien des enfants. |
Le conjoint survivant a des droits légaux dans la succession (exonération des droits de succession). |
Le danger de la « Sécurité de façade »
Le fossé patrimonial n’est pas qu’une question de chiffres, c’est le résultat d’une psychologie de l’épargne différenciée. Historiquement et socialement, les femmes ont une préférence prononcée vers la sécurité. Elles s’orientent massivement vers l’épargne de précaution (Livret A, LDDS), cet argent « au cas où » qui dort. À l’inverse, les hommes s’orientent naturellement vers des choix qui valorisent davantage la prise de risque et l’investissement (Bourse, Immobilier, Private Equity…).
Ce réflexe de prudence, bien que rassurant à court terme, peut s’avérer couteux car épargner n’est pas investir. L’épargne de précaution protège des imprévus, mais l’investissement lui peut protéger de l’avenir. En restant sur des supports à faible rendement, les femmes voient leur pouvoir d’achat futur s’éroder face à l’inflation, pendant que le patrimoine de leur conjoint qui est investi fructifie.
L’angle mort du conseil patrimonial
Ce sentiment d’exclusion est renforcé par le secteur de la finance lui-même. Trop souvent, les acteurs de la gestion du patrimoine commettent l’erreur de ne s’adresser qu’au « détenteur historique » du capital ou à celui qui prend la parole le premier.
Dans de nombreux rendez-vous, le conseiller finit par ne s’adresser et regarder que Monsieur lors des RDV et échanges, reléguant Madame au rang de spectatrice passive de sa propre fortune familiale. Cette asymétrie de traitement crée un cercle vicieux : la femme se sent mal accompagnée, finit par se désintéresser des sujets techniques et se replie sur une gestion prudente par manque de confiance dans la matière et auprès de ces interlocuteurs.
En partenariat rémunéré avec Société Générale.
Le « Je gère », un red flag majeur
Entendre son partenaire dire « ne t’inquiète pas, je gère »; ou « fais-moi confiance » , n’est pas un acte de protection.
C’est une délégation totale de la décision financière. Or la délégation sans contrôle est un risque patrimonial majeur. Elle crée une situation asymétrique de décisions possibles qui peut s’avérer dramatique lors des accidents de la vie. L’indépendance financière ne commence pas avec un gros chèque, elle commence le jour où on choisit de prendre en main la gestion de son argent.
Plan d’action : Gagner en autonomie pour mieux participer en confiance aux décisions patrimoniales
La véritable question n’est pas de choisir entre l’amour et l’argent, mais d’oser parler des questions d’argent à deux.
1. Briser le tabou : Mettre les chiffres sur la table dès ce soir. Qui possède quoi ? Quelle est la valeur nette de chacun en cas de séparation ?
2. S’éduquer véritablement : On ne peut pas décider en confiance si l’on ne comprend pas les outils. Utiliser des médias experts (comme La Martingale) pour monter en compétence est une première étape afin de prendre ses décisions de manière autonome et participer à la prise des décisions patrimoniales du foyer.
3. Se faire aider par des tiers de confiance : Être accompagné d’un banquier privé et d’un notaire permet de sortir de l’affectif pour revenir factuellement à l’ingénierie patrimoniale et définir sa propre stratégie patrimoniale, dans la durée
4. Devenir maître de ses finances : Sanctuariser ses propres enveloppes d’investissement (PEA, Assurance-vie) au-delà du simple compte joint.
Conclusion
La gestion de patrimoine n’est pas une affaire de genre, c’est une affaire de prise de décisions et par conséquent de liberté de décisions. Reprendre les commandes de son argent à tout âge, c’est s’assurer de pouvoir faire face aux différents évènements de vie (séparation, décès, maladie…) et de rester décisionnaire face aux choix possibles. Dans un couple, la transparence financière est une preuve de maturité et de respect mutuel ultime.
Allô La Martingale, c’est la libre antenne de votre argent.
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