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Construire un portefeuille d’investissement simple, diversifié et efficace est une préoccupation centrale pour de nombreux épargnants, en particulier lorsqu’on débute. Les ETF (Exchange Traded Funds) sont souvent présentés comme une solution évidente : peu coûteux, faciles d’accès et adaptés au long terme. Mais derrière cette apparente simplicité se cachent des choix structurants. Un portefeuille 100 % ETF peut être pertinent, à condition d’en comprendre les limites, les risques et les bons arbitrages.

L’illusion de l’investissement « sans effort »

Les ETF sont parfois perçus comme un moyen de gagner de l’argent sans vraiment s’en occuper. Cette idée est trompeuse. Investir en ETF ne supprime ni le risque de perte en capital, ni les périodes de baisse prolongées. Même une stratégie régulière, comme le DCA (investissement programmé), ne garantit pas une performance positive sur des horizons courts ou intermédiaires. Les marchés peuvent rester orientés à la baisse pendant plusieurs années.

La vraie promesse des ETF n’est pas l’absence d’effort, mais la réduction des erreurs classiques : surconcentration, paris sectoriels hasardeux, décisions émotionnelles prises dans l’urgence.

Commencer simple : un socle mondial

Pour un investisseur qui débute et ne souhaite pas passer des heures à gérer son portefeuille, la première brique logique est une exposition large aux actions mondiales. Les indices mondiaux permettent d’investir en une seule opération dans des centaines, voire des milliers d’entreprises réparties sur plusieurs zones géographiques et secteurs.

Il est important de comprendre que le MSCI World, souvent cité comme « l’indice monde », ne couvre que les pays développés et reste très fortement exposé aux États-Unis. Une alternative consiste à intégrer les marchés émergents, soit via un indice mondial élargi, soit en combinant plusieurs ETF. Ce choix dépend du profil de risque, de l’horizon de placement et de la tolérance aux phases de sous-performance.

PEA, fiscalité et simplicité opérationnelle

La fiscalité joue un rôle clé dans la construction d’un portefeuille ETF. Pour les investisseurs français, le PEA reste un outil central, à condition de sélectionner des ETF éligibles. Tous les indices mondiaux ne le sont pas, ce qui impose parfois des compromis entre couverture géographique et enveloppe fiscale.

Des outils spécialisés permettent aujourd’hui d’identifier rapidement les ETF compatibles avec le PEA et de comparer leurs caractéristiques : frais, méthode de réplication, exposition géographique ou sectorielle.

Faut-il multiplier les ETF ?

Un portefeuille 100 % ETF ne signifie pas nécessairement multiplier les lignes. Un seul ETF mondial peut suffire pour démarrer. Ajouter des ETF supplémentaires (zones géographiques, thématiques, styles de gestion) n’a de sens que si cela répond à une conviction claire et assumée.

Multiplier les ETF peut rassurer psychologiquement, mais cela n’améliore pas systématiquement la diversification réelle. Dans certains cas, cela peut même renforcer des biais involontaires, comme une surexposition aux actions américaines ou à certaines thématiques très populaires.

Gérer les concentrations et les biais cachés

Les grands indices mondiaux sont aujourd’hui très concentrés sur quelques grandes capitalisations, souvent liées à la technologie. Cette concentration n’est ni bonne ni mauvaise en soi, mais elle doit être comprise. Certains investisseurs choisissent d’ajuster cette exposition en utilisant des indices équipondérés ou des ETF excluant certaines zones, afin de mieux maîtriser leur allocation.

Ces ajustements demandent davantage de suivi et une compréhension fine des indices utilisés. Ils ne sont pas indispensables pour un premier portefeuille, mais peuvent devenir pertinents à mesure que l’investisseur gagne en expérience.

Le facteur clé : la régularité

Quel que soit le nombre d’ETF choisis, la régularité des investissements reste un facteur déterminant. Investir progressivement permet de lisser les points d’entrée et de limiter l’impact émotionnel des phases de marché difficiles. Cette discipline est souvent plus importante que le choix précis d’un indice ou d’un émetteur.

Un portefeuille 100 % ETF n’a pas vocation à être figé : il peut évoluer avec le temps, les revenus, les objectifs et la compréhension des marchés. L’essentiel est de commencer avec une structure simple, cohérente et adaptée à son horizon.

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