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24.02.2026
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L’IA change les règles, mais le marché panique avant de comprendre
L’intelligence artificielle est devenue une évidence pour les entreprises comme pour les investisseurs. Pourtant, c’est précisément cette évidence qui rend le marché instable. Tout le monde veut s’exposer, mais personne n’est certain de l’impact réel sur les modèles économiques. Le résultat est brutal : dès qu’un doute apparaît, la sanction tombe et emporte parfois tout un secteur.
Pascale Seivy le formule simplement : le marché ne sait pas encore trier les entreprises capables de se transformer de celles qui subissent. Certaines ont déjà trouvé comment intégrer l’IA pour améliorer leurs produits, leurs coûts, leur croissance. D’autres cherchent encore. D’autres enfin risquent de ne jamais réussir leur bascule. Tant que cette hiérarchie n’est pas lisible, les valorisations deviennent fragiles et les mouvements se font en bloc.
Éric Lewin décrit un effet de vente indifférenciée. Les logiciels, la cybersécurité, certains acteurs de la tech subissent une défiance globale. Le problème n’est pas seulement la baisse, c’est l’idée que certains métiers peuvent être compressés ou redéfinis plus vite que prévu. Dans ce contexte, acheter la baisse peut devenir un piège si l’on ne comprend pas ce qui change vraiment.
Trump et les droits de douane
La nouveauté, ce n’est pas qu’il existe des tensions politiques. C’est que la politique américaine devient, à elle seule, un facteur de risque durable. Les annonces, les revirements, les incertitudes juridiques autour des droits de douane créent une cacophonie qui complique la lecture des marchés.
Éric Lewin insiste sur un point : les droits de douane finissent majoritairement par être payés par les ménages et les entreprises américaines, ce qui peut freiner la consommation. Or, la consommation représente une part décisive de l’économie américaine. Si le climat se dégrade, la correction peut se diffuser au-delà des États-Unis.
Pascale Seivy ajoute un autre niveau de lecture : ce n’est pas seulement la politique commerciale. C’est aussi la fragilisation perçue des institutions, un risque qu’elle juge nouveau à cette échelle. Dans ce contexte, rester exposé aux États-Unis reste difficile à éviter, mais la question devient celle du dosage et des arbitrages.
La bulle IA : un risque systémique
Pascale Seivy pose un scénario que beaucoup sous-estiment : un arrêt des investissements IA. L’IA ne concerne pas uniquement quelques valeurs visibles. Elle nourrit une chaîne entière, des data centers à l’électrification, des infrastructures aux fournisseurs. Si l’appétit pour l’IA ralentit brutalement, l’impact pourrait dépasser le secteur et rejaillir sur l’économie américaine, puis sur les marchés mondiaux.
Elle nuance toutefois : la situation n’est pas comparable au début des années 2000, car les leaders actuels ont souvent des résultats solides. Mais l’enjeu n’est pas de savoir si l’IA existe. Il est de savoir si les marchés ont payé trop cher la promesse, trop tôt, avec trop de concentration.
Dollar : la performance boursière ne suffit pas, le change peut tout modifier
Un investisseur européen peut avoir raison sur le marché américain et être déçu au moment de convertir en euros. Pascale Seivy rappelle que l’investissement hors zone euro comporte un risque de change. Même un support affiché en euros peut rester exposé au dollar si la couverture n’est pas intégrée.
Elle souligne un réflexe utile : vérifier si l’exposition est couverte ou non, et comprendre le coût de cette couverture. Dans certains cas, payer un peu plus de frais permet d’éviter que la devise efface une partie de la performance.
Obligations en monnaie forte : l’intuition est séduisante, mais l’équation peut être mauvaise
La notion de monnaie forte revient souvent dans les périodes incertaines. Pourtant, la logique peut se retourner contre l’investisseur. Acheter une obligation en franc suisse, par exemple, n’a pas forcément de sens si le rendement est faible et si le change devient le principal risque.
Pascale Seivy défend une alternative plus structurée : chercher du rendement, via des obligations émergentes émises en devise forte, tout en neutralisant le risque de change grâce à une part couverte en euros. L’idée est d’aller chercher le rendement, pas de multiplier les paris monétaires.
Le vrai danger : croire qu’on peut supporter la baisse jusqu’au jour où elle arrive
La partie la plus importante n’est pas une liste de valeurs. C’est la psychologie. Éric Lewin le rappelle de manière très directe : beaucoup d’investisseurs disent être prêts à encaisser une baisse, mais craquent quand elle survient. L’horizon de placement et la taille de la position comptent plus que la qualité théorique du dossier.
Une action peut être intéressante et continuer de baisser. Une thèse peut être juste et devenir intenable si l’argent est nécessaire à court terme. C’est là que se joue une grande partie des erreurs : pas dans l’analyse, mais dans le comportement.
Émergents : une diversification qui se pense en portefeuille, pas en paris isolés
Face à des États-Unis chers et dominants, Pascale Seivy met en avant l’intérêt des marchés émergents, notamment pour leur décote et pour une dynamique de bénéfices qu’elle juge plus favorable. Elle cite notamment la Corée du Sud, la Chine et l’Inde comme zones à surveiller, tout en rappelant que la sélection peut évoluer.
Sur la mise en œuvre, son approche reste prudente : privilégier une exposition large via un ETF émergent plutôt que d’empiler des paris pays. L’objectif est d’équilibrer le portefeuille, pas de concentrer le risque.
Stabiliser un portefeuille : diversification réelle et actifs tampons
Dans un environnement nerveux, la diversification ne se limite pas à avoir plusieurs lignes. Elle se construit avec des actifs qui ne réagissent pas tous de la même manière aux chocs. L’or est évoqué comme stabilisateur potentiel, dans un monde plus fragmenté et plus méfiant, avec une demande qui dépasse les seuls investisseurs particuliers.
Pascale Seivy rappelle aussi l’existence de solutions alternatives, pensées pour amortir et exploiter la volatilité. L’idée n’est pas d’empiler des produits complexes, mais d’éviter un portefeuille dépendant d’un seul scénario.
Conclusion
En 2026, les marchés ne se contentent plus de suivre les résultats des entreprises. Ils intègrent des ruptures technologiques, des risques politiques, des effets de change et des mouvements de confiance. L’investisseur qui s’en sort n’est pas celui qui trouve la meilleure histoire. C’est celui qui construit un portefeuille capable de tenir une correction sans vendre sous pression, en diversifiant réellement, en surveillant la valorisation et en dimensionnant chaque pari à son horizon.
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