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En 2021, les NFT étaient partout. Des collections comme CryptoPunks ou Bored Ape Yacht Club s’échangeaient pour plusieurs centaines de milliers de dollars, tandis que célébrités, investisseurs et particuliers se lançaient dans une frénésie spéculative rarement observée.

Quelques années plus tard, le marché s’est effondré. Pourtant, pour John Karp, entrepreneur, collectionneur et fondateur de NFT Morning, l’histoire est loin d’être terminée. Au micro de Matthieu Stefani, il explique pourquoi la bulle a explosé, ce qui a réellement survécu au krach et pourquoi l’art numérique continue de se développer malgré tout.

Qu’est-ce qu’un NFT au juste ?

Pour John Karp, un NFT est avant tout un certificat numérique de propriété.

Concrètement, il permet d’inscrire sur une blockchain qu’une personne possède un actif numérique précis. Cette technologie redonne au numérique certains attributs que nous considérons comme normaux dans le monde physique : vendre, transmettre, échanger ou collectionner un bien.

Il prend notamment l’exemple des jeux vidéo. Lorsqu’un joueur achète aujourd’hui un jeu ou un objet numérique, il dispose généralement d’un simple droit d’utilisation accordé par une plateforme. Avec un NFT, il pourrait véritablement devenir propriétaire de cet actif et le revendre, le transmettre ou l’échanger librement.

Selon lui, c’est cette notion de propriété numérique qui constitue l’innovation fondamentale des NFT.

Pourquoi la bulle NFT s’est-elle effondrée ?

John Karp ne cherche pas à réécrire l’histoire : selon lui, le marché a connu l’une des plus grandes bulles spéculatives de ces dernières décennies.

La période 2020-2021 a combiné plusieurs facteurs exceptionnels : liquidités abondantes, engouement pour les cryptomonnaies, médiatisation massive, arrivée de célébrités et facilité de création de nouveaux projets.

Résultat : des milliers de collections ont été lancées sans véritable valeur artistique ou culturelle.

Selon lui, l’immense majorité de ces projets était condamnée à disparaître. Le krach a simplement éliminé ce qui reposait uniquement sur la spéculation.

Pour autant, il estime que l’effondrement du marché n’a pas entraîné la disparition de tout l’écosystème.

Pourquoi certains NFT continuent-ils de valoir cher ?

Si la plupart des collections ont vu leur valeur s’écrouler, certaines œuvres historiques conservent une forte attractivité.

John Karp cite notamment les CryptoPunks, qu’il considère comme des pièces majeures de l’histoire de l’art numérique. Selon lui, malgré plusieurs années de baisse, de nombreux collectionneurs rêvent encore d’en posséder un.

Pour expliquer cette résistance, il fait un parallèle avec le marché de l’art traditionnel. Comme dans n’importe quel secteur de collection, quelques œuvres emblématiques captent l’essentiel de l’attention tandis que la majorité disparaît progressivement.

Selon lui, le marché NFT est aujourd’hui beaucoup plus proche d’une niche du marché de l’art contemporain que d’une nouvelle ruée spéculative.

L’art numérique est-il en train d’être reconnu ?

C’est probablement le point sur lequel John Karp est le plus optimiste.

Selon lui, le terme « NFT » est devenu repoussoir, mais l’art numérique poursuit son intégration dans les institutions culturelles.

Il cite notamment l’apparition d’espaces dédiés à l’art numérique lors d’Art Basel, l’une des foires d’art contemporain les plus importantes au monde. Des musées comme le Centre Pompidou, le MoMA, le LACMA ou encore le Toledo Museum possèdent désormais des œuvres numériques acquises via NFT dans leurs collections permanentes.

Pour lui, cette institutionnalisation constitue un signal plus important que les fluctuations de prix observées ces dernières années.

Les grandes promesses des NFT ont-elles été tenues ?

Selon John Karp, certaines promesses ont effectivement trouvé leur place.

C’est notamment le cas de la commercialisation de l’art numérique. Avant les NFT, de nombreux artistes travaillant avec la photographie numérique, la 3D, l’animation ou l’algorithmie disposaient de peu de moyens pour vendre leurs créations dans un cadre comparable à celui de l’art traditionnel.

Les NFT ont permis de créer un marché structuré pour ces œuvres.

En revanche, d’autres usages annoncés pendant la bulle se sont beaucoup moins développés. Il cite notamment la certification d’œuvres physiques via NFT, qui reste aujourd’hui marginale selon lui.

Où la technologie NFT est-elle utilisée aujourd’hui ?

John Karp estime que la technologie continue de progresser dans plusieurs secteurs, même lorsque le mot NFT n’est plus mis en avant.

L’épisode évoque notamment :

  • les billets et droits d’achat pour certains événements sportifs ;
  • la tokenisation d’objets de collection ;
  • les cartes Pokémon conservées dans des coffres sécurisés et échangeables sous forme numérique ;
  • certains jeux vidéo utilisant la blockchain pour gérer les actifs des joueurs ;
  • la tokenisation plus large d’actifs du monde réel.

Selon lui, beaucoup d’usages continuent de se développer discrètement, sans bénéficier de la même couverture médiatique qu’en 2021.

Quels artistes suivre aujourd’hui ?

Interrogé sur les artistes qui retiennent son attention, John Karp cite notamment :

  • Xcopy ;
  • Beeple ;
  • Refik Anadol ;
  • Sam Spratt ;
  • Kim Asendorf.

Selon lui, ces artistes font partie des figures qui ont continué à gagner en reconnaissance malgré le krach du marché.

Il souligne également que certaines œuvres restent accessibles pour quelques centaines ou milliers d’euros, loin des montants records souvent associés aux NFT.

Les NFT peuvent-ils encore constituer un investissement ?

John Karp reste extrêmement prudent.

Il rappelle que le NFT demeure probablement l’un des actifs les plus risqués évoqués dans l’histoire de La Martingale. Il reconnaît être minoritaire dans un univers où beaucoup considèrent le secteur comme définitivement terminé.

Mais il estime également que l’intérêt croissant des musées, des galeries, des collectionneurs et des institutions culturelles pourrait soutenir certaines œuvres sur le long terme.

Pour lui, le marché a changé de nature : il ne s’agit plus d’un phénomène spéculatif grand public, mais d’un segment de niche centré principalement sur l’art numérique.

Ils citent les références suivantes :

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