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Alors que les marchés américains continuent d’être portés par l’IA, certains investisseurs se demandent si l’Europe n’est pas redevenue une zone d’investissement intéressante. Entre valorisations plus faibles, retour des banques, électrification, infrastructures et petites capitalisations, plusieurs signaux attirent de nouveau l’attention des gérants.

Mais faut-il réellement revenir sur les actions européennes ? Les États-Unis restent-ils incontournables ? Et quels secteurs pourraient tirer leur épingle du jeu dans les prochaines années ?

Pourquoi les marchés européens restent à la traîne

Depuis plusieurs mois, les grands indices européens comme le CAC 40 ou le DAX peinent à retrouver leurs sommets. Pour Julien Quistrebert, directeur général délégué de Taylor AM, cela s’explique d’abord par la structure même des marchés européens.

Le CAC 40 reste très exposé au luxe, à la consommation discrétionnaire et aux spiritueux, avec des groupes comme LVMH, Hermès ou Pernod Ricard. Or ces secteurs souffrent davantage dans un contexte de ralentissement économique mondial.

À l’inverse, les États-Unis profitent encore du poids massif des grandes valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle. Julien Quistrebert rappelle notamment qu’Alphabet représentait à elle seule près de 70 % de la croissance des bénéfices du S&P 500 sur le trimestre.

L’Europe peut-elle redevenir attractive ?

Malgré ce retard apparent, plusieurs gérants considèrent aujourd’hui que l’Europe retrouve progressivement des arguments solides.

Le premier point concerne les valorisations. Après plusieurs années de sous-performance face aux États-Unis, certaines entreprises européennes affichent des niveaux jugés plus raisonnables.

Le deuxième élément est lié aux grands investissements annoncés en Europe, notamment dans :

  • l’électrification,
  • les infrastructures,
  • la défense,
  • l’autonomie énergétique,
  • les semi-conducteurs.

Julien Quistrebert estime que ces tendances de fond offrent davantage de visibilité à long terme.

Les gagnants potentiels : électrification, infrastructures et banques

Parmi les secteurs jugés intéressants en Europe, l’électrification revient régulièrement.

Pourquoi ? Parce que la montée de l’IA et des data centers entraîne une explosion des besoins en électricité. En parallèle, les tensions géopolitiques rappellent aussi à l’Europe l’importance de son indépendance énergétique.

Des groupes comme Schneider Electric, Legrand ou certains acteurs spécialisés dans les infrastructures électriques sont régulièrement cités parmi les entreprises susceptibles de bénéficier de cette tendance de long terme.

Les banques européennes intéressent également certains investisseurs, notamment en Europe du Sud. Julien Quistrebert souligne que plusieurs banques espagnoles ou grecques présentent aujourd’hui des bilans plus solides qu’il y a dix ans, tout en restant relativement peu valorisées par le marché.

Faut-il encore investir aux États-Unis ?

Le discours des gérants devient plus nuancé concernant Wall Street.

Chez Taylor AM, les allocations actions sont désormais davantage orientées vers l’Europe que vers les États-Unis. Julien Quistrebert explique qu’ils détenaient auparavant jusqu’à 70 % d’actions américaines, contre environ 60 à 70 % d’Europe aujourd’hui.

Plusieurs raisons expliquent ce repositionnement :

  • la faiblesse potentielle du dollar,
  • des valorisations élevées sur certaines valeurs technologiques,
  • les interrogations autour de la rentabilité réelle de l’IA,
  • les tensions sur le financement de certains acteurs technologiques américains.

Le sujet de la dette privée liée à la tech américaine inquiète également certains investisseurs.

L’IA reste-t-elle une opportunité ?

Malgré ces inquiétudes, les gérants restent globalement positifs sur les entreprises qui profitent indirectement de l’IA.

L’idée consiste moins à investir sur les utilisateurs finaux de l’IA que sur les “vendeurs de pelles et de pioches”, selon l’expression reprise dans l’épisode.

Concrètement, cela signifie privilégier :

  • les producteurs d’électricité,
  • les infrastructures,
  • les fabricants de composants,
  • certains acteurs des semi-conducteurs,
  • les fournisseurs de mémoire ou de data centers.

Les marchés asiatiques, notamment la Corée du Sud et certains pays émergents, sont également vus comme des zones intéressantes pour s’exposer à cette croissance technologique.

Faut-il attendre avant d’investir ?

Une autre question abordée dans l’épisode concerne le “market timing” : faut-il attendre une correction avant d’investir ?

Pour Julien Quistrebert, essayer d’anticiper parfaitement les marchés reste extrêmement difficile. Il estime qu’il vaut souvent mieux commencer à investir progressivement plutôt que d’attendre un hypothétique meilleur moment.

Son raisonnement est simple : les marchés traversent en permanence des périodes d’incertitude — Covid, inflation, guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, droits de douane — mais les investisseurs qui restent totalement à l’écart risquent surtout de manquer les phases de rebond.

Gestion active ou ETF : que choisir ?

L’épisode revient aussi sur le débat entre gestion active et gestion passive.

Julien Quistrebert reconnaît l’intérêt des ETF pour effectuer des mouvements tactiques rapides sur les marchés. Mais il défend une approche plus active sur le long terme, notamment pour sélectionner des thématiques précises comme l’électrification, les infrastructures ou certaines small caps européennes.

Il rappelle également qu’un ETF MSCI World reste très exposé aux États-Unis et au dollar, ce que beaucoup d’investisseurs européens oublient parfois.

Faut-il revenir à l’Europe ?

L’Europe n’a probablement pas retrouvé le leadership des marchés américains. Mais plusieurs secteurs européens retrouvent aujourd’hui de l’intérêt grâce à des tendances de fond liées à :

  • l’énergie,
  • l’électrification,
  • les infrastructures,
  • la défense,
  • la réindustrialisation.

Dans le même temps, certains investisseurs commencent à s’interroger sur les valorisations américaines et sur la capacité réelle de certaines entreprises liées à l’IA à monétiser leurs investissements.

Pour les gérants interrogés dans cet épisode, l’Europe n’est donc plus seulement une zone “défensive” : elle peut aussi redevenir une source d’opportunités à moyen et long terme.

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