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Le marché du vin a connu une forte correction depuis 2022, avec des prix en baisse de 8 %. Durant cette période, certaines régions émergentes ont explosé, pendant que Bordeaux et Bourgogne ont perdu des parts de marché. Comment s’y retrouver lorsqu’on souhaite investir dans le vin ?

Angélique de Lencquesaing est fondatrice et dirigeante d’iDealwine, leader français des enchères de vin en ligne.

Au micro de Matthieu Stefani, Angélique décrypte l’évolution du marché du vin et nous explique comment bien acheter et vendre ses bouteilles.

L’évolution du marché du vin depuis 10 ans

Le marché du vin français a connu une transformation majeure en dix ans. Les trois régions historiquement dominantes (Bordeaux, Bourgogne, Vallée du Rhône) représentaient 82 % des volumes aux enchères il y a une décennie, elles ne pèsent plus que 72 % aujourd’hui. Cette érosion de 10 points de parts de marché traduit une diversification profonde des goûts des collectionneurs et investisseurs.

La période 2020-2022 a marqué un pic spéculatif sans précédent. Les taux d’intérêt historiquement bas ont poussé les épargnants vers les actifs alternatifs, dont le vin. Les prix ont explosé, portés par une liquidité abondante et un effet momentum. Depuis 2023, la remontée brutale des taux d’intérêt a déclenché une correction sévère : le prix moyen de la bouteille vendue aux enchères a baissé de 8 % en 2024, s’établissant à 137 €.

Cette correction ramène les valorisations à des niveaux plus raisonnables, sauf pour les ultra-rares (Romanée-Conti entre 10 000 et 25 000 €, Château-Rayas entre 1 000 et 1 500 €). La liquidité du marché s’améliore progressivement : le nombre de bouteilles mises aux enchères augmente, signe que les vendeurs acceptent la baisse et que les acheteurs reviennent à des prix jugés attractifs.

Comment investir dans le vin (prix, millésimes, horizon de garde) ?

L’investissement dans le vin nécessite une approche rigoureuse et un horizon long terme. Le ticket d’entrée minimum se situe autour de 50 € la bouteille : en dessous, les frais de transaction (13 % vendeur, 21 % acheteur) et de stockage mangent la rentabilité. Ce seuil élimine la grande majorité des vins de consommation courante et concentre l’investissement sur les domaines reconnus.

L’horizon de détention optimal s’établit entre 8 et 10 ans. Cette durée correspond au cycle de maturation des vins de garde et permet d’amortir les frais tout en capturant l’appréciation liée au vieillissement et à la raréfaction progressive des bouteilles. Vendre avant 5 ans génère rarement une plus-value significative, sauf coup spéculatif sur un millésime exceptionnel.

Le choix du millésime détermine en grande partie le potentiel de rentabilité. 2022 constitue un millésime de référence : conditions climatiques idéales (chaleur sans excès, pluie au bon moment) produisant des vins équilibrés avec un excellent potentiel de garde. 2025 s’annonce également exceptionnel selon les premières analyses. À l’inverse, 2021, 2023 et 2024 sont des années à éviter pour l’investissement : millésimes de qualité médiocre ou moyenne qui ne prendront pas de valeur significative.

Le stockage représente une contrainte absolue. Une cave climatisée maintenant 12-14 °C avec 70 % d’hygrométrie est indispensable. Les variations de température dégradent irrémédiablement le vin, détruisant toute valeur marchande. Le vol constitue aussi un risque : les vins rares attirent les convoitises.

Quelles sont les régions émergentes ?

Les régions alternatives captent progressivement les parts de marché délaissées par Bordeaux et Bourgogne. Le Jura mène cette révolution avec des domaines cultes comme Overnoy (les bouteilles s’arrachant à plusieurs centaines d’euros), Ganevat, Tissot, Labet. Ces vignerons produisent des vins oxydatifs uniques (vin jaune, savagnin) et des rouges élégants (trousseau, poulsard) très recherchés par les connaisseurs.

L’Alsace se réinvente avec ses pinots noirs qui rivalisent désormais avec les bourgognes d’entrée de gamme. Les domaines Zind-Humbrecht, Weinbach, Ostertag produisent des vins de garde complexes à des prix encore accessibles (50-150 €) offrant un excellent rapport qualité-prix pour l’investissement. Les grands crus de Riesling et Gewurztraminer attirent également l’attention des collectionneurs asiatiques.

La Corse émerge comme la Provence il y a 20 ans. Abbatucci et Veccelli sont devenus des références incontournables avec des vins de caractère issus de cépages autochtones (nielluccio, sciaccarellu). Le Champagne millésimé connaît une demande croissante, notamment les cuvées de prestige autour de 200 € la bouteille qui offrent une alternative aux grands bourgognes blancs.

Les vins nature représentent un phénomène marquant : seulement 1 à 2 % de la production viticole totale, mais 8,5 % des volumes vendus aux enchères sur iDealwine. Cette surreprésentation traduit l’appétit des collectionneurs pour ces vins sans soufre ajouté, souvent produits en microquantités par des vignerons iconoclastes. Leur potentiel de garde reste débattu, mais leur rareté justifie des valorisations élevées.

Comment bien acheter et vendre du vin aux enchères ?

L’achat aux enchères nécessite vigilance et expertise pour éviter les pièges. Premier conseil : toujours vérifier l’authenticité de la bouteille en exigeant une expertise professionnelle qui contrôle la provenance, l’état de conservation (niveau de remplissage critique), la couleur du vin visible à travers le verre, et l’état de l’étiquette. Les faux circulent, particulièrement sur les grands crus recherchés. La traçabilité via blockchain devient un standard pour garantir l’historique complet.

Pour acheter intelligemment, définir un prix maximum avant l’enchère et s’y tenir absolument. L’excitation des enchères pousse à surpayer, détruisant toute rentabilité future. Calculer le prix d’achat total en intégrant les frais acheteurs (généralement 21 %) : une bouteille adjugée 100 € coûte réellement 121 €. Comparer ce prix final avec les cotes du marché pour s’assurer de ne pas payer au-dessus de la valeur réelle.

Pour vendre, choisir le bon moment en surveillant les tendances du marché et en évitant les périodes creuses (été, fêtes de fin d’année). Fixer un prix de réserve raisonnable : trop élevée, la bouteille ne se vendra pas ; trop bas, la vente ne couvrira pas les frais. Anticiper les frais vendeur (environ 13 %) dans le calcul de rentabilité : une bouteille vendue 150 € rapporte 130,50 € net après commission.

Le stockage professionnel devient un argument de vente décisif. Une bouteille restée en cave climatisée depuis l’achat sans manipulation se vend plus cher qu’une bouteille stockée à domicile dont les conditions de conservation restent inconnues. Cette continuité de stockage rassure l’acheteur et accélère la transaction.

Avantages :

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Ils citent les références suivantes :

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