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Bitcoin conserve ses caractéristiques de rareté, avec une quantité limitée. Pourtant, en période de stress, il est souvent traité comme la poche risquée d’un portefeuille. Quand la tension monte, certains investisseurs s’allègent d’abord sur les actifs les plus volatils, avant d’y revenir plus tard.

L’observation des chocs géopolitiques récents va dans le même sens : le mouvement immédiat peut être défavorable, mais à horizon de quelques semaines, Bitcoin peut retrouver un meilleur comportement relatif. Cela n’en fait pas une assurance tous risques. Cela rappelle surtout que la lecture or numérique ne suffit pas à expliquer les décisions des investisseurs.

Les cycles n’ont pas disparu, mais ils ne suffisent plus

Les cycles liés aux grandes phases du marché crypto restent un cadre de lecture utile. Ils ont pu aider à situer un sommet, puis une phase de baisse. Mais le contexte change : institutionnalisation du marché, incertitudes macroéconomiques et instabilité politique. Résultat : le cycle donne une grille de lecture, mais pas un calendrier fiable.

Le raisonnement qui en découle est simple : utiliser les cycles pour se repérer, sans transformer cette logique en certitude. Le marché peut réagir différemment si un événement externe accélère ou stoppe la dynamique.

Pourquoi il n’y a plus de hausse généralisée des altcoins

Deux tendances structurent désormais le marché.

D’abord, il y a beaucoup plus de tokens qu’avant. Quand la liquidité arrive, elle se répartit entre davantage de projets, ce qui réduit l’effet “marée montante”.

Ensuite, la demande se concentre davantage sur les grosses capitalisations. Les investisseurs privilégient les actifs perçus comme plus solides, souvent situés dans le top 10 du marché. Le réflexe du x1000 existe encore, mais il pèse moins dans la dynamique globale.

Conséquence : même si Bitcoin progresse, certaines cryptos peuvent rester à l’arrêt. L’idée d’un moment où tous les tokens finissent par suivre devient un pari plus qu’un scénario central.

La sélection revient au cœur de la stratégie

En 2026, la question n’est plus seulement quelle narrative domine, mais ce qui fonctionne réellement.

Trois critères ressortent.

Premier critère : l’activité réelle. Un projet peut être ancien et connu, tout en étant peu utilisé. Une valorisation élevée avec peu d’usage devient alors un signal d’alerte.

Deuxième critère : la présence de stablecoins. Le raisonnement est pragmatique : les stablecoins servent d’outil de paiement et de base à de nombreux usages. Plus une blockchain en accueille, plus cela suggère qu’elle est utilisée.

Troisième critère : les revenus. Une blockchain ou une application peut générer des frais. Ces frais constituent une forme de chiffre d’affaires. À partir de là, on peut comparer ce qu’un projet vaut à ce qu’il gagne.

Le point clé : les tokens doivent capter une partie de la valeur

Beaucoup de projets ont montré une limite structurelle : un protocole peut être utilisé et reconnu, sans que détenir son token soit réellement intéressant. Le token peut donner un droit de gouvernance, mais sans lien économique clair avec les revenus du protocole.

Le mécanisme qui change la donne est le rachat de tokens par le protocole, via l’utilisation d’une partie des revenus. Cette logique rapproche l’écosystème crypto de certains mécanismes de la finance traditionnelle, où des entreprises rachètent leurs propres actions.

L’idée à retenir est simple : un projet peut avoir un produit, des utilisateurs et une image, mais si le token ne capte pas de valeur, l’investissement sur ce token reste fragile.

Un terme revient pour identifier cette bascule : le fee switch. Il renvoie aux décisions de gouvernance qui orientent les revenus vers un mécanisme favorable au token.

Mesurer la valorisation : du PER au price-to-fees

Pour estimer si un token est cher ou non, une approche consiste à transposer un raisonnement utilisé en bourse.

En actions, on parle de PER. Dans l’univers crypto, la logique devient un ratio basé sur les frais et les rachats de tokens, appelé price-to-fees.

Le calcul est simple : capitalisation du projet ÷ revenus utilisés pour racheter des tokens, sur une base annualisée.

Une lecture comparable à celle du PER peut être utilisée :

  • moins de 15 : valorisation faible
  • entre 15 et 40 : valorisation intermédiaire
  • plus de 40 : valorisation élevée

Ce n’est pas une garantie, mais un filtre pour éviter d’acheter uniquement parce que le marché s’emballe.

Tokenomics : l’autre variable qui peut tout changer

Même avec de l’activité, des revenus et un mécanisme de rachat, il reste un risque majeur : la dilution.

Si une part importante des tokens n’est pas encore en circulation, leur déblocage futur peut peser sur le prix. Le point à surveiller est le calendrier de vesting, notamment celui des fondateurs et des premiers investisseurs.

La stratégie prudente consiste à observer l’évolution de l’offre totale et à se demander ce qui se passe si une grande quantité de tokens arrive sur le marché à une date donnée.

S’exposer à la crypto via un compte-titres : ETF vs ETP / ETN

Pour ceux qui ne souhaitent pas gérer un wallet, il existe une exposition via des produits cotés.

Aux États-Unis, certains ETF détiennent directement du Bitcoin. En Europe, l’équivalent passe par des ETP ou ETN, qui correspondent à une créance sur un émetteur détenant les actifs.

L’avantage est clair : simplicité d’accès, conservation gérée par un acteur régulé, et achat ou vente comme une action. En contrepartie, il faut accepter des frais de gestion. Sur les produits Bitcoin les plus simples, ces frais restent relativement faibles, mais ils peuvent augmenter sur des produits plus complexes.

Les sociétés cotées qui accumulent du Bitcoin : un levier, avec des risques

Une autre approche consiste à acheter des actions d’entreprises qui accumulent du Bitcoin dans leur trésorerie.

Le raisonnement repose sur un effet de levier : si l’entreprise continue d’accumuler du Bitcoin, l’action peut représenter une exposition croissante à l’actif.

Mais ce modèle repose souvent sur le financement par le marché, via des émissions d’actions ou d’obligations. Le risque apparaît si le Bitcoin baisse durablement et que les échéances de remboursement arrivent dans un contexte défavorable.

Deux indicateurs sont souvent utilisés pour analyser ces stratégies :

  • BTC yield : augmentation du nombre de bitcoins détenus par action
  • MNAV : valeur des bitcoins détenus ÷ capitalisation boursière, afin d’estimer la confiance du marché dans la stratégie

Un autre filtre est parfois proposé : privilégier les stratégies centrées sur Bitcoin, plutôt que sur des actifs considérés comme plus inflationnistes.

Ce que la stratégie 2026 impose

Le marché crypto reste un marché de risque. En 2026, la discipline devient un avantage.

La méthode qui ressort est cohérente : identifier l’usage réel, vérifier les revenus, comprendre comment le token capte la valeur, mesurer la valorisation et contrôler la dilution potentielle. Pour l’exposition, il s’agit de choisir entre détention directe, produits cotés ou actions d’entreprises bitcoin treasury, en acceptant que chaque solution déplace le risque au lieu de le supprimer.

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