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Le marché des voitures de collection connaît une mutation radicale : les modèles années 50-70 s’effondrent, les icônes des années 80-90 explosent, et l’électrique pointe le bout de son nez. Découvrez comment investir selon votre budget, pourquoi ce changement générationnel bouleverse les valorisations, et quels modèles acheter aujourd’hui pour gagner demain.

Gonzague Ruchaud est fondateur d’Eleven Cars, société spécialisée dans le négoce de voitures de collection et haut de gamme depuis 2013, avec un service de conciergerie et parking sécurisé à Paris.

Au micro de Matthieu Stefani, il répond à toutes nos interrogations sur l’investissement dans les voitures de collection.

Quelles sont les tendances actuelles du marché ?

Le marché des voitures de collection traverse un basculement générationnel sans précédent. Les voitures années 50-70, qui constituaient le cœur du marché jusqu’en 2020, s’effondrent de 30 à 50 %. La Jaguar Type E qui se vendait 180-220k € peine aujourd’hui à trouver preneur à 120 k€. Les Porsche 911 anciennes ont perdu 40 %. Même les Ferrari d’avant 1970 souffrent : une 275 GTB estimée 2,5 à 3,5 millions de dollars se vend difficilement à 2 millions.

Inversement, les icônes des années 80-90 explosent. La Ferrari F40 est passée de 760 000 € en 2019 à 1,9 million d’euros aujourd’hui. La 288 GTO valait 2,6 millions en 2020, elle se négocie désormais entre 6 et 9 millions selon l’état. La Lamborghini Countach, la Porsche 959, la Ferrari F50 suivent la même trajectoire spectaculaire.

Les acheteurs ont changé : les collectionneurs historiques (70-85 ans) qui rêvaient des voitures des années 50-60 vieillissent et vendent. Les nouveaux acheteurs ont 35 à 55 ans et achètent les voitures de leur enfance, celles qu’ils avaient en poster dans leur chambre d’ado. La F40, la Countach, la Testarossa sont leurs icônes, pas la Jaguar Type E de leurs grands-parents. Dans 20 ans, les voitures des années 2000-2010 (Carrera GT, Enzo, Murcielago) exploseront quand les trentenaires d’aujourd’hui auront le pouvoir d’achat.

Quel est l’impact de l’électrique sur le marché ?

L’électrique transforme radicalement le marché du neuf, mais n’impacte pas encore le marché de la collection, créant même paradoxalement une revalorisation des thermiques modernes. Sur le marché du neuf, les constructeurs arrêtent progressivement les thermiques, les villes interdisent leur circulation (ZFE), les acheteurs hésitent face à l’incertitude réglementaire. Gonzague observe que les voitures thermiques récentes (2020-2024) se déprécient plus vite, car personne ne sait combien de temps elles resteront utilisables.

Sur le marché de la collection, les thermiques restent roi et gagnent en valeur. Une voiture de collection des années 80-90 a déjà 30 à 40 ans, elle est exemptée des normes environnementales actuelles (carte grise collection, vignette Crit’Air favorable). Personne n’achète une Ferrari F40 pour faire ses courses quotidiennes : c’est un objet de passion qu’on sort 500 km par an. L’électrique crée même un effet de rareté bénéfique : les derniers modèles thermiques iconiques (Ferrari 812, Lamborghini Aventador, Porsche 911 GT3 RS) deviennent instantanément des futurs collectors.

Gonzague anticipe que les voitures électriques ne deviendront probablement jamais des collectors au même niveau que les thermiques. Pas de son, pas d’odeur, pas d’émotion mécanique. Une Tesla Model S Plaid est impressionnante techniquement, mais ne procure pas le frisson d’une Ferrari V12. L’obsolescence des batteries et de l’électronique rend aussi la conservation long terme problématique.

Comment investir selon différents budgets (de 20 k€ à plusieurs millions) ?

Gonzague partage ses conseils d’investissement selon différentes tranches de budget, en insistant sur un principe : investir dans la passion d’abord, sinon vous paierez cher une voiture qui dort et se déprécie : 

  • Avec 20-40k €, visez les Porsche 911 (964, 993) ou les BMW M3 E30/E36, robustes et fiables.
  • Avec 80-150k €, la Ferrari 360 Modena (80-100k €) offre l’accès à Ferrari pour un budget raisonnable, ou la Porsche 997 GT3 qui explose (120 k€ en 2020 à 200 k€ aujourd’hui).
  • Avec 300-500k €, la Ferrari F430 reste sous-valorisée à 150-180k €, ou les Porsche 911 GT3 RS récentes (350-450k €) qui grimperont.
  • Avec 1-3 million d’euros, les Ferrari F40, 288 GTO, F50, Enzo montent structurellement, car l’offre est fixe (1 315 F40 produites) et la demande mondiale explose. La F40 à 1,9 M€ aujourd’hui vaudra probablement 2,5-3 M€ dans 5 ans.
  • Au-delà de 5 millions, le marché ultra-luxe (Ferrari 250 GTO, 250 LM) se tasse : les acheteurs de 70-80 ans vendent sans trouver suffisamment de nouveaux acheteurs à ces prix stratosphériques.

Porsche reste la valeur refuge, quel que soit le budget : robustesse légendaire (tu laisses une 911 six mois au garage, elle démarre), pièces disponibles, réseau d’entretien mondial, liquidité du marché (tu revends une Porsche en deux semaines, une Maserati en six mois). Les Ferrari 360/F430 et Porsche 997 GT3 représentent les meilleures opportunités actuelles selon Gonzague.

Quelles sont les opportunités actuelles et les pièges à éviter ?

Les opportunités 2026 se concentrent sur trois segments : 

  • Les Ferrari 360 Modena et F430 sont sous-valorisées : la 360 monte (de 65 k€ à 100 k€ en trois ans), mais reste accessible, la F430 stagne à 150-180k € alors qu’elle devrait suivre. 
  • Les Porsche 911 type 997 GT3/GT3 RS (2006-2012) explosent et continueront : ce sont les dernières GT3 atmosphériques avant le turbo, passées de 120 k€ en 2020 à 200 k€ aujourd’hui avec une cible de 250-300k € d’ici 2030.
  • Les voitures années 50-70 en correction représentent un pari long terme pour les acheteurs patients.

Les pièges coûtent cher : 

  • Les restaurations complètes d’une Ferrari 250 GT atteignent 500 000 à 1 million d’euros : achetez toujours la meilleure voiture possible dans votre budget plutôt qu’une épave.
  • Les voitures sans historique (carnet incomplet, accidents cachés) se revendent très mal : la provenance documentée représente 20 à 30 % de la valeur.
  • Le marché des répliques explose, notamment sur les Ferrari iconiques : vérifiez toujours les numéros de châssis avec le registre constructeur.

Les coûts cachés ruinent les investissements : une Ferrari garée coûte 5 000 à 10 000 € par an (assurance 1 500-3 000 €, parking parisien 300-500 €/mois, entretien préventif 2 000 €). N’achetez jamais une voiture de collection uniquement comme investissement financier : les actions et l’immobilier offrent de meilleurs rendements. Achetez parce que vous rêvez de cette voiture, que vous voulez la conduire et partager cette passion. L’investissement financier doit être un bonus, jamais la motivation principale.

Avantages :

Bonne nouvelle ! Nous avons négocié pour vous un avantage exclusif. Si vous achetez une voiture chez Eleven Cars en mentionnant La Martingale, Gonzague prend en charge les frais de carte grise. Rendez-vous sur eleven-cars.com pour découvrir les voitures disponibles.

Ils citent les références suivantes :

Ainsi que d’anciens épisodes de La Martingale :

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**D’après une simulation réalisée par les Echos Etudes des frais minimums s’appliquant pendant 8 ans sur les contrat d’un panel représentatif (voir méthodologie complète et comparatifs des frais dans l’étude des Echos Etudes).