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21.04.2026
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Les impôts ne se résument pas à remplir quelques cases au printemps. La plupart des erreurs se jouent bien avant la déclaration : mauvais statut, enveloppe fiscale mal utilisée, déductions oubliées ou investissements choisis sans comprendre leur véritable impact.
En 2026, beaucoup de contribuables continuent de payer plus d’impôts qu’ils ne le devraient, non pas parce qu’ils gagnent davantage, mais parce qu’ils ignorent certains mécanismes pourtant parfaitement légaux. PEA, PER, statut de micro-entrepreneur, location d’une partie de son logement à sa société, investissement dans une PME ou dans le cinéma : derrière la complexité du système fiscal français se cachent encore plusieurs leviers utiles.
Le plus gros piège : croire que la déclaration suffit
La plupart des contribuables pensent à leurs impôts au moment de la déclaration. C’est déjà trop tard.
Une bonne optimisation fiscale se prépare plusieurs mois avant. La question n’est pas seulement de savoir quelles cases remplir, mais quels choix ont été faits tout au long de l’année : comment vous avez investi, sous quel statut vous travaillez, quelle enveloppe vous utilisez et à quel moment vous retirez votre argent.
Deux personnes qui gagnent le même revenu peuvent ainsi payer un montant d’impôt très différent simplement parce qu’elles n’ont pas utilisé les mêmes outils.
Micro-entrepreneur : le statut idéal… jusqu’à un certain point
Le statut de micro-entrepreneur reste souvent le plus simple pour démarrer une activité. Tant que le chiffre d’affaires reste limité, il est généralement le plus adapté.
En revanche, lorsque l’activité commence à générer entre 60 000 et 70 000 euros de chiffre d’affaires par an, la question d’un changement de statut mérite d’être posée.
Pourquoi ? Parce qu’en micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos dépenses réelles. L’administration applique un abattement forfaitaire, même si vos frais sont bien plus élevés.
Si vous achetez un ordinateur, un téléphone, du matériel, un véhicule ou que vous avez des frais professionnels importants, vous pouvez rapidement perdre de l’argent en restant micro-entrepreneur.
Dans certains cas, passer en entreprise individuelle ou en société permet de :
- déduire les dépenses réelles ;
- récupérer la TVA sur les achats ;
- mieux arbitrer entre revenus et fiscalité ;
- éviter de payer des charges inutiles.
Beaucoup de freelances oublient qu’ils peuvent récupérer la TVA
Beaucoup de micro-entrepreneurs pensent qu’ils ont intérêt à rester exonérés de TVA le plus longtemps possible.
C’est vrai si leurs clients sont des particuliers. Mais lorsque les clients sont surtout des entreprises, cela devient souvent une erreur.
Une entreprise cliente récupère la TVA. Le fait de lui facturer ou non la TVA ne change donc pas grand-chose pour elle. En revanche, pour le freelance, opter pour la TVA permet de récupérer celle payée sur :
- un ordinateur ;
- un téléphone ;
- des repas professionnels ;
- un abonnement internet ou mobile ;
- du matériel ou des logiciels.
Sur plusieurs années, cela peut représenter plusieurs milliers d’euros.
Travailler depuis chez soi peut aussi réduire les impôts
Lorsque vous exercez depuis votre domicile, il est parfois possible de faire payer une partie du logement par votre entreprise.
Un dirigeant qui possède son logement peut, par exemple, louer une pièce à sa société. Les loyers versés deviennent alors une charge pour l’entreprise.
Même lorsque vous êtes locataire, il est parfois possible de refacturer une partie des frais à votre activité.
Ce mécanisme reste encadré et doit correspondre à une utilisation réelle du logement. Mais il permet souvent de réduire une partie de la fiscalité tout en faisant prendre en charge certaines dépenses professionnelles.
Le PEA reste l’un des outils fiscaux les plus utiles
Le Plan d’Épargne en Actions reste sous-utilisé alors qu’il est l’un des dispositifs les plus intéressants pour investir.
Son principe est simple : vous investissez dans des actions au sein d’une enveloppe fiscale. Tant que vous ne retirez pas l’argent, vous ne payez pas d’impôt sur les gains.
Et après cinq ans, les plus-values deviennent exonérées d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus.
Le plafond du PEA classique atteint aujourd’hui 150 000 euros. Il est possible d’y ajouter un PEA-PME, qui permet d’investir dans des petites et moyennes entreprises et d’augmenter encore la capacité d’investissement.
Pour une personne qui souhaite construire un portefeuille sur le long terme, le PEA reste souvent plus intéressant qu’un compte-titres classique.
Le PER fait économiser des impôts… mais il faut penser à la sortie
Le Plan d’Épargne Retraite attire beaucoup d’épargnants parce qu’il permet de déduire les versements de son revenu imposable.
Par exemple, une personne imposée dans une tranche à 30 % qui verse 10 000 euros sur un PER peut économiser environ 3 000 euros d’impôt immédiatement.
Mais beaucoup oublient un point essentiel : cette économie est seulement reportée.
Lorsque vous récupérez votre argent à la retraite, les sommes sont imposées. Le PER ne supprime donc pas l’impôt. Il le décale dans le temps.
C’est pour cette raison qu’il faut toujours réfléchir à la manière dont l’argent sera récupéré.
Dans de nombreux cas, il est plus intéressant de sortir progressivement, sur plusieurs années, plutôt qu’en une seule fois. Cela permet d’éviter d’augmenter brutalement ses revenus imposables.
Utiliser son PER pour acheter sa résidence principale n’est pas toujours une bonne idée
Le PER peut être débloqué avant la retraite dans certains cas : invalidité, décès du conjoint, fin des droits au chômage, cessation d’activité ou achat de la résidence principale.
Ce dernier cas séduit beaucoup de contribuables. Pourtant, il n’est pas toujours avantageux.
Lorsque vous débloquez votre PER pour acheter votre résidence principale, vous récupérez l’argent, mais vous subissez aussi une fiscalité sur les sommes retirées.
Autrement dit, vous perdez une partie de l’avantage obtenu au départ.
Dans de nombreux cas, il vaut mieux conserver le PER pour la retraite et financer son achat immobilier autrement.
Réduction d’impôt, crédit d’impôt, déduction : ce n’est pas la même chose
Une grande partie des erreurs fiscales vient du fait que ces trois notions sont souvent confondues.
Une déduction vient réduire le revenu imposable. C’est le cas, par exemple, des versements sur un PER.
Une réduction d’impôt vient diminuer directement l’impôt à payer. Mais si vous ne payez pas assez d’impôt, la partie non utilisée est perdue.
Un crédit d’impôt, lui, peut vous être remboursé, même si vous ne payez pas d’impôt.
Cette différence change complètement l’intérêt réel d’un dispositif.
Par exemple, un investissement qui promet 2 000 euros de réduction d’impôt n’a aucun intérêt si vous ne payez que 500 euros d’impôt par an.
Investir dans une PME peut réduire les impôts
Lorsque vous investissez directement dans le capital d’une PME ou d’une start-up, vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt.
Le mécanisme est simple : si vous investissez 10 000 euros dans une entreprise éligible, vous pouvez récupérer une partie de cette somme sous forme d’économie d’impôt.
Cela permet de soutenir l’économie réelle tout en réduisant sa facture fiscale.
En contrepartie, il faut accepter un risque plus élevé et immobiliser son argent pendant plusieurs années.
Ce type d’investissement doit donc rester une petite partie du patrimoine.
Les SOFICA restent méconnues alors qu’elles peuvent offrir un avantage fiscal important
Les SOFICA permettent d’investir dans le financement du cinéma français.
Elles sont peu connues, alors qu’elles offrent l’un des avantages fiscaux les plus élevés. Selon les cas, la réduction d’impôt peut atteindre jusqu’à 48 % du montant investi.
En échange, l’argent reste bloqué plusieurs années et le rendement financier n’est pas garanti.
Ce n’est donc pas un placement à faire pour gagner de l’argent rapidement, mais plutôt pour diversifier son patrimoine tout en réduisant fortement ses impôts.
Le vrai danger en 2026 : suivre les mauvais conseils
Les réseaux sociaux regorgent de promesses de rendement, de stratégies miracles et de conseils fiscaux simplifiés à l’extrême.
Le problème est que beaucoup de ces conseils sont incomplets, imprécis ou parfois faux.
Lorsqu’un placement promet un rendement élevé avec peu de risque et une forte économie d’impôt, il faut toujours se méfier.
En fiscalité, il n’existe presque jamais de solution parfaite. Un avantage fiscal s’accompagne souvent d’une contrainte : risque plus élevé, argent bloqué, manque de liquidité ou fiscalité différée.
Avant de prendre une décision, il faut donc se poser trois questions :
- combien vais-je réellement économiser ;
- pendant combien de temps mon argent sera-t-il bloqué ;
- quelle sera la fiscalité à la sortie.
Ce qu’il faut retenir
En 2026, payer moins d’impôts ne consiste pas à chercher une niche fiscale de dernière minute.
Les contribuables qui optimisent le mieux leur fiscalité sont souvent ceux qui anticipent le plus tôt.
Changer de statut au bon moment, utiliser un PEA, préparer la sortie d’un PER, récupérer la TVA ou investir dans une PME peut faire une différence importante.
Mais aucun dispositif n’est intéressant dans l’absolu.
Le choix dépend toujours de votre revenu, de votre patrimoine, de votre horizon de placement et de votre situation familiale.
La vraie question n’est donc pas : quel est le meilleur moyen de payer moins d’impôts ?
La vraie question est : quelles décisions prises aujourd’hui vous permettront d’en payer moins demain, sans pénaliser votre patrimoine ?
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