Notez cet épisode
08.09.2026
Écouter l'épisode
À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, l’incertitude politique et fiscale pousse certains épargnants à s’interroger : faut-il modifier ses placements, sortir son argent de France ou simplement attendre ? Pour Julien Etaix, responsable de l’investissement chez Novum Partners, et Nicolas Decaudain, fondateur de Prosper Conseil, cette inquiétude ne date pas d’hier. Mais elle s’est accentuée ces dernières années, notamment chez les investisseurs soucieux de protéger et transmettre leur patrimoine.
Face à cette situation, la première erreur serait pourtant de prendre des décisions dans l’urgence. Pour Nicolas Decaudain, anticiper ne signifie pas paniquer : une élection ne transforme pas du jour au lendemain l’ensemble des règles fiscales et patrimoniales. L’objectif est plutôt de vérifier que son patrimoine reste suffisamment diversifié et adaptable aux différents scénarios.
Diversifier ses placements, mais aussi ses enveloppes
La diversification ne concerne pas uniquement les actifs. Actions internationales, obligations, immobilier ou autres placements peuvent répondre à des objectifs différents, mais il est également possible de répartir son patrimoine entre plusieurs enveloppes : PEA, assurance-vie ou compte-titres, par exemple.
Pour les investisseurs qui souhaitent réduire leur dépendance à la France, une partie de ces enveloppes peut également être détenue à l’étranger, notamment via un compte-titres ou une assurance-vie luxembourgeoise. Cela ne signifie pas pour autant échapper à la fiscalité française. Un résident fiscal français reste soumis aux règles fiscales françaises et les comptes détenus à l’étranger doivent être déclarés.
L’intérêt recherché est donc davantage la diversification géographique et patrimoniale que l’optimisation fiscale. Dans certains cas, ces solutions donnent également accès au crédit lombard, qui permet d’emprunter en utilisant des actifs financiers comme garantie, sans devoir nécessairement les vendre. Il s’agit toutefois d’un outil plus technique qui ne concerne pas tous les patrimoines.
Faut-il vendre son immobilier avant 2027 ?
L’immobilier est particulièrement concerné par les interrogations sur la fiscalité puisqu’il est, par définition, impossible à déplacer. Même lorsqu’un propriétaire s’installe à l’étranger, un bien immobilier situé en France reste soumis à la fiscalité française.
Pour autant, vendre uniquement par peur d’un changement politique n’a pas forcément de sens. Nicolas Decaudain explique que la décision doit d’abord reposer sur des critères concrets : rentabilité réelle du bien, charges, fiscalité, contraintes de gestion et projets personnels du propriétaire. La vente peut devenir pertinente lorsque plusieurs de ces éléments sont défavorables, notamment pour une personne qui envisage déjà de s’installer à l’étranger.
Garder suffisamment de liquidité
À huit mois de la présidentielle, l’un des principes mis en avant dans l’épisode est surtout de ne pas rendre son patrimoine inutilement illiquide. Immobilier, SCPI ou private equity peuvent immobiliser l’argent pendant longtemps et limiter la capacité à réagir si l’environnement change.
Cela ne signifie pas qu’il faudrait conserver tout son patrimoine en cash. Actions et obligations cotées restent également des actifs liquides. L’objectif est surtout de pouvoir réallouer son capital si nécessaire.
Le private equity illustre bien cette nécessité de rester sélectif. Il peut avoir sa place dans certains patrimoines, mais demande une capacité importante à immobiliser son argent et à diversifier ses investissements. Pour les patrimoines plus modestes, les frais et l’illiquidité peuvent réduire son intérêt par rapport à des placements cotés plus accessibles.
Faut-il changer complètement son allocation avant l’élection ?
Pas nécessairement. Malgré ses inquiétudes sur la trajectoire fiscale française, Julien Etaix explique qu’il aurait surtout cherché à planifier et prendre certaines dispositions, sans pour autant modifier son allocation d’investissement.
C’est finalement l’idée centrale : préparer son patrimoine à plusieurs scénarios plutôt que parier sur le résultat d’une élection. À quelques mois de la présidentielle, diversifier ses actifs et ses enveloppes, conserver suffisamment de liquidité et éviter les décisions prises sous l’effet de la peur permet de garder davantage de possibilités.
L’élection de 2027 peut justifier de revoir l’organisation de son patrimoine. Elle ne justifie pas nécessairement de tout bouleverser.
Allô La Martingale, c’est la libre antenne de votre argent.
Chaque mardi, deux experts de la finance répondent à vos questions.
Posez vos questions en cliquant sur ce lien : wa.me/33749761167
Émission en direct de 12h à 13h sur LinkedIn, YouTube et Twitch.
Puis disponible en replay à 18h sur toutes les plateformes de streaming audio et sur YouTube.
👉 Pour retrouver tous les liens utiles, rendez-vous sur notre Linktree.
On vous souhaite une très bonne écoute ! C’est par ici si vous préférez Apple Podcasts, ou ici si vous préférez Spotify.
Et pour recevoir toutes les actus et des recommandations exclusives, abonnez-vous à la newsletter, c’est par ici.
La Martingale est un podcast du label Orso Media.
Testez notre outil pédagogique pour vous aider à prendre le contrôle de votre argent, ici.
Merci à notre partenaire Enky de soutenir Allô la Martingale.
Pour donner du sens à votre épargne tout en cherchant du rendement, rendez-vous sur Enky.
Enky propose d’investir dans des projets de mobilier durable destinés aux entreprises, au cœur de l’économie circulaire.
Investir comporte des risques.
