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Les ETF ont changé la manière d’investir. Ils sont simples, peu coûteux et permettent de suivre un marché entier sans avoir à choisir chaque action une par une. Face à eux, la gestion active promet autre chose : sélectionner les entreprises, éviter certaines zones de risque et chercher de la performance là où les indices ne regardent pas.

Alors, faut-il choisir un camp ? Pas forcément.

Pourquoi les ETF ont pris autant de place

Depuis la crise de 2008, les actions américaines et la technologie ont largement dominé les marchés. Dans ce contexte, suivre un indice comme le S&P 500, le Nasdaq ou le MSCI World a souvent suffi pour obtenir de bonnes performances.

Les ETF ont profité de cette tendance. Leur fonctionnement est simple : ils reproduisent la composition d’un indice et évoluent avec lui. Lorsqu’un marché gagne 20 %, l’ETF suit presque entièrement cette hausse, après déduction de frais généralement faibles.

Cette simplicité a séduit les particuliers, mais aussi les investisseurs professionnels. Elle permet de savoir précisément à quoi l’on s’expose, sans devoir analyser chaque entreprise.

Le revers est tout aussi simple : lorsque l’indice baisse, l’ETF baisse avec lui. Il n’y a pas de gérant pour réduire l’exposition, vendre un secteur devenu trop cher ou se repositionner vers une zone plus défensive.

Tous les ETF ne diversifient pas autant qu’on le croit

Acheter un ETF Monde donne l’impression de répartir son argent sur des centaines d’entreprises. Pourtant, cette diversification peut être moins large qu’elle n’en a l’air.

Les grands indices sont construits en fonction de la capitalisation boursière des entreprises. Plus une société monte, plus son poids dans l’indice augmente. Les flux investis dans l’ETF renforcent alors mécaniquement les entreprises déjà dominantes.

Résultat : une part importante du MSCI World ou du S&P 500 est aujourd’hui concentrée sur quelques grandes valeurs technologiques américaines. Même les indices émergents peuvent dépendre fortement de quelques acteurs asiatiques, notamment dans les semi-conducteurs.

Un investisseur peut donc détenir plusieurs ETF et rester exposé aux mêmes entreprises, aux mêmes secteurs et aux mêmes risques.

La gestion active doit vraiment être active

La gestion active n’a d’intérêt que si elle s’éloigne réellement des indices.

Un fonds qui reproduit presque la composition de son indice tout en facturant davantage de frais apporte peu de valeur. C’est l’une des raisons pour lesquelles une partie de la gestion active a perdu du terrain face aux ETF.

En revanche, un gérant capable de construire un portefeuille différent peut chercher des opportunités ignorées par les grands indices : entreprises peu suivies, marchés sous-détenus, secteurs moins populaires ou sociétés dont la valorisation semble faible par rapport à leurs perspectives.

Cette approche ne garantit pas de battre le marché chaque année. Elle vise plutôt à obtenir un comportement différent, notamment lorsque les indices traversent une période difficile.

La concentration des marchés change la donne

La progression des ETF a aussi accentué la concentration des marchés. Une grande partie de l’épargne mondiale se dirige vers les mêmes indices et donc vers les mêmes entreprises.

Cela peut créer un effet autoréalisateur : les valeurs les plus présentes dans les indices reçoivent davantage de capitaux, leur cours monte et leur poids augmente encore.

Cette dynamique fonctionne tant que les investisseurs continuent d’acheter. Mais si les taux augmentent, si les bénéfices déçoivent ou si les besoins de financement deviennent trop importants, les valeurs les plus détenues peuvent aussi être les premières vendues.

La question n’est donc pas seulement de savoir si les entreprises technologiques sont de bonnes sociétés. Il faut aussi se demander si leur valorisation intègre déjà trop de croissance future.

Les ETF restent utiles, à condition de regarder sous le capot

Tous les ETF ne fonctionnent pas de la même manière.

Les ETF à réplication physique détiennent directement les actions de l’indice. Un ETF S&P 500 achète ainsi les entreprises qui composent cet indice, selon leur pondération.

Les ETF synthétiques utilisent un mécanisme d’échange de performance. C’est notamment ce qui permet à certains ETF exposés au Nasdaq ou au S&P 500 d’être éligibles au PEA, alors que ces indices sont composés d’actions américaines.

Ce fonctionnement n’est pas forcément problématique, mais il doit être compris. Avant d’acheter, il faut vérifier l’indice suivi, les frais, la méthode de réplication, la devise, l’exposition géographique et le poids des principales lignes.

Le risque de change compte aussi

Un ETF investi aux États-Unis peut progresser en dollars tout en délivrant une performance plus faible pour un investisseur européen si le dollar baisse face à l’euro.

Certains ETF proposent une couverture contre le risque de change, généralement avec des frais supplémentaires. Là encore, il n’existe pas de solution systématiquement meilleure : tout dépend de l’horizon d’investissement et de l’évolution des devises.

L’effet de change rappelle surtout qu’un ETF ne représente pas uniquement un panier d’actions. Il peut aussi comporter une exposition au dollar, au yen, au yuan ou à d’autres monnaies.

Ce que la gestion active peut aller chercher ailleurs

L’un des arguments en faveur de la gestion active est la possibilité d’investir dans des marchés peu représentés dans les indices mondiaux.

La Chine et le Brésil, par exemple, pèsent peu dans les grands indices internationaux par rapport à leur place dans l’économie mondiale. Pourtant, certains secteurs y bénéficient de tendances de fond : hausse du niveau de vie, développement des services financiers, robotisation, électrification ou consommation intérieure.

La gestion active peut sélectionner quelques entreprises jugées solides plutôt que d’acheter l’ensemble du marché. Elle peut également éviter les sociétés publiques, les entreprises mal gérées ou les secteurs considérés comme trop risqués.

Cette sélection reste toutefois dépendante de l’analyse du gérant. Elle demande plus de travail, coûte plus cher et peut sous-performer pendant plusieurs années.

L’or et les actifs décorrélés comme complément

Diversifier ne signifie pas seulement répartir son argent entre plusieurs indices actions.

L’or, les sociétés minières, certaines obligations ou d’autres actifs décorrélés peuvent jouer un rôle dans un portefeuille. Leur objectif n’est pas nécessairement de battre le Nasdaq lorsque la technologie monte, mais de mieux résister lorsque les marchés corrigent.

ETF ou gestion active : tout dépend de l’objectif

Un investisseur qui accepte les variations du marché, dispose d’un horizon long et souhaite limiter les frais peut construire une partie importante de son portefeuille avec des ETF.

Un investisseur qui cherche davantage de protection, de décorrélation ou une exposition à des zones peu présentes dans les indices peut compléter cette base avec de la gestion active.

L’essentiel est d’éviter deux erreurs : croire qu’un ETF Monde est parfaitement diversifié et payer des frais élevés pour un fonds actif qui reproduit presque son indice.

Le choix ne se résume donc pas à ETF contre gestion active. Les deux approches peuvent être complémentaires.

Les ETF permettent de capter simplement la performance des marchés. La gestion active peut chercher des opportunités ailleurs et réduire certains risques. La bonne répartition dépend de l’horizon, de la tolérance aux baisses et de l’objectif patrimonial de chacun.

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