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17.09.2026
#335
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Pour Clémentine Cazalets, économiste à la Monnaie de Paris, l’or n’est pas un actif à acheter pour chercher un rendement rapide, mais plutôt pour conserver de la valeur dans le temps et diversifier son patrimoine. Au micro de Matthieu Stefani, elle revient sur les raisons de la forte hausse de l’or, le rôle des banques centrales et les différentes façons d’y investir, de la pièce physique aux ETF.
Pourquoi l’or monte autant ?
L’or a connu une progression spectaculaire ces dernières années. Pour Clémentine, cette hausse s’explique notamment par un changement majeur du côté des banques centrales. Après la crise financière de 2007-2008, elles ont progressivement cessé de vendre leurs réserves, avant de redevenir de gros acheteurs. Depuis 2022, cette tendance s’est encore accélérée dans un contexte de tensions géopolitiques et de recherche de diversification des réserves.
Mais les banques centrales ne sont pas seules. Les investisseurs sont eux aussi revenus sur l’or, notamment à travers les produits financiers adossés au métal. Et contrairement à une idée assez répandue, l’or n’a pas forcément besoin que les marchés actions s’effondrent pour progresser : les deux peuvent monter simultanément pour des raisons différentes.
Cette hausse ne transforme pas pour autant l’or en placement sans risque. Clémentine met justement en garde contre l’expression « valeur sûre » : acheter de l’or n’empêche absolument pas de perdre 10 ou 20 % à court terme. Son intérêt se comprend davantage sur une longue période et dans une logique de diversification que dans l’espoir de reproduire les performances exceptionnelles des dernières années.
Or physique, ETF, or papier : qu’achète-t-on vraiment ?
Pour investir, plusieurs possibilités existent. Il y a évidemment l’or physique, sous forme de pièces ou de lingots, mais aussi les ETF et autres produits financiers. Et tous ne fonctionnent pas de la même manière. Certains produits sont réellement adossés à des stocks d’or conservés dans des coffres, tandis que d’autres se contentent d’en répliquer le cours. Certains ETF présentés comme liés à l’or investissent même dans des sociétés minières, avec des risques et une volatilité différents de ceux du métal lui-même.
La Monnaie de Paris propose de son côté une formule hybride avec e-Marianne : l’investisseur achète une pièce en ligne, de l’or physique est détenu en contrepartie et la valeur de la pièce évolue avec le cours. Il peut ensuite la revendre ou demander sa transformation et sa livraison sous forme physique. Une manière de conserver la simplicité du numérique sans avoir immédiatement à stocker ses pièces chez soi.
Car détenir de l’or physique implique aussi des contraintes : stockage, assurance, coffre et sécurité. Il faut également tenir compte des frais et de la prime payée sur certaines pièces. L’idée n’est donc pas simplement de comparer leur prix au cours de l’or, mais de comprendre ce que l’on achète réellement et combien coûte sa détention.
L’or, un investissement à garder longtemps
L’un des intérêts de l’or physique se trouve aussi dans sa fiscalité. Clémentine explique qu’il n’y a pas de TVA à l’achat sur l’or d’investissement. Lors de la revente, deux régimes peuvent notamment entrer en jeu : une taxation sur le prix de vente ou, lorsque l’on dispose d’une preuve d’achat, une taxation de la plus-value. Cette dernière devient progressivement dégressive après deux ans de détention jusqu’à une exonération au bout de 22 ans, d’où l’importance de conserver ses factures.
Cette fiscalité correspond finalement assez bien à la manière dont Clémentine envisage l’or : comme un actif de long terme. Une pièce peut être achetée à la naissance d’un enfant pour lui être transmise à sa majorité, ou conservée pendant plusieurs décennies comme une petite réserve patrimoniale. Son rôle n’est pas de verser des dividendes ou de générer des revenus, mais de conserver une valeur que l’on espère retrouver dans le temps.
Quant à la proportion à lui consacrer, Clémentine rappelle que les recommandations que l’on entend souvent tournent autour de 5 à 10 %, mais préfère ne pas donner de chiffre universel. Pour elle, il s’agit surtout d’y placer de l’argent dont on sait que l’on n’aura pas besoin à court terme, plutôt que l’épargne destinée à financer un achat immobilier deux ans plus tard.
Sa martingale : investir selon son horizon
Et en dehors de l’or ? La martingale personnelle de Clémentine est finalement assez simple : séparer son argent selon le moment où elle en aura besoin. Pour le long terme, elle privilégie les actions via son PEA, avec des fonds diversifiés. Pour l’argent dont elle peut avoir besoin rapidement, elle conserve de la liquidité sur des placements moins rémunérateurs.
Une approche qui rejoint finalement son discours sur l’or : avant de chercher l’actif qui montera le plus, il faut surtout savoir pourquoi on investit et pendant combien de temps on peut laisser son argent placé.
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