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Devenir millionnaire sans héritage ni capital de départ, est-ce vraiment possible ? Pour Jérémy Doyen, conseiller en gestion de patrimoine chez Bonnet & Doyen Conseil, la réponse tient moins au salaire qu’à la stratégie mise en place et surtout au temps qu’on lui laisse. Au micro de Matthieu Stefani, il fait les calculs et détaille les différents leviers qui peuvent permettre de construire progressivement un patrimoine d’un million d’euros.

Être millionnaire, ça veut dire quoi exactement ?

Avant de chercher à atteindre le million, encore faut-il savoir ce qu’on compte.

Dans l’épisode, Jérémy raisonne en patrimoine net : l’ensemble de ce que l’on possède, auquel on retire les dettes restantes. Une résidence principale à 500 000 € avec encore 300 000 € de crédit ne représente donc pas 500 000 € de patrimoine net.

C’est cette logique qui sert de point de départ aux différentes simulations présentées dans l’épisode.

Peut-on vraiment devenir millionnaire avec un salaire classique ?

Pour répondre à la question, Jérémy prend volontairement des profils qui ne disposent pas d’un patrimoine important au départ.

Son idée n’est pas de promettre qu’un million d’euros tombe du ciel, mais de montrer ce que peuvent produire plusieurs décennies d’investissement régulier, combinées à d’autres leviers comme l’immobilier.

Dans l’une de ses simulations, une personne capable d’investir 250 € par mois pendant 40 ans, avec une hypothèse de rendement annuel de 7 % brut de fiscalité, arriverait à environ 618 000 € de patrimoine financier. Avec 500 € par mois et la même hypothèse, le montant dépasse 1,2 million d’euros. Jérémy insiste cependant sur un point : il s’agit d’hypothèses, pas d’une promesse de rendement.

Pourquoi commencer tôt change autant la donne ?

C’est probablement l’un des enseignements les plus simples de l’épisode : le temps compte parfois davantage que le montant investi.

Jérémy compare deux situations. Une personne qui place 100 € par mois pendant 30 ans avec son hypothèse de rendement à 7 % arriverait à environ 116 000 €. Une autre qui attend et place ensuite 500 € par mois pendant seulement 10 ans atteindrait environ 85 000 €, alors même qu’elle aurait versé davantage d’argent de sa poche.

La différence vient des intérêts composés : les intérêts produisent eux-mêmes des intérêts lorsqu’on leur laisse suffisamment de temps.

La conclusion de Jérémy est donc simple : mieux vaut commencer avec 50 ou 100 € que d’attendre plusieurs années pour pouvoir investir beaucoup plus.

L’immobilier permet-il d’aller plus vite ?

L’autre levier largement évoqué dans l’épisode est la dette immobilière.

L’idée est d’utiliser sa capacité d’emprunt pour acquérir un actif dont une partie du financement pourra être supportée par les loyers. Pour Jérémy, utiliser intelligemment cette capacité d’endettement peut permettre d’accélérer fortement la constitution d’un patrimoine.

Mais il met aussi en garde contre une vision trop facile de l’investissement locatif. Entre les charges de copropriété, les travaux, la gestion et les dépenses imprévues, la rentabilité affichée sur le papier peut rapidement fondre si tout n’a pas été anticipé. Il estime qu’obtenir une bonne rentabilité immobilière demande une véritable implication.

Le PER peut-il aussi servir de levier ?

Pour les personnes fortement imposées, Jérémy évoque une autre stratégie : utiliser l’économie fiscale générée par un PER pour investir davantage.

Il donne l’exemple d’une personne qui verse 10 000 € sur son PER et économise 4 100 € d’impôts. Plutôt que de considérer cette économie comme de l’argent disponible à dépenser, elle peut être réinvestie sur une autre enveloppe, comme une assurance vie ou un PEA.

L’effort d’épargne reste ainsi de 10 000 €, mais 14 100 € sont effectivement investis. C’est ce que Jérémy appelle utiliser la « dette fiscale » comme levier.

La rigueur compte plus que le placement miracle

Construire un patrimoine sur 20, 30 ou 40 ans demande surtout de tenir sa stratégie dans le temps.

Et c’est précisément là que beaucoup se dispersent.

Jérémy raconte le cas de clients ayant réussi à accumuler 200 000 €, avant de retirer 50 000 € pour les placer sur une opportunité découverte sur Internet. L’investissement tourne mal et cette partie de l’épargne disparaît.

Son conseil est donc de se méfier des promesses trop belles pour être vraies et de vérifier les personnes à qui l’on confie son argent, notamment leur numéro ORIAS et leurs agréments.

Faut-il supprimer tous les petits plaisirs ?

L’objectif n’est pas non plus de passer quarante ans à compter chaque café.

Pour Jérémy, une stratégie ne fonctionne dans la durée que si elle reste compatible avec la vie que l’on souhaite mener. Il le résume à la fin de l’épisode : pour être rigoureux, il faut aussi savoir profiter à côté. Sinon, tôt ou tard, on risque de craquer et d’abandonner complètement sa stratégie.

L’enjeu est donc surtout de savoir ce que l’on veut atteindre et d’organiser ses dépenses en conséquence.

Pourquoi anticiper les grandes dépenses de sa vie ?

Études des enfants, mariage, vacances, achat immobilier… beaucoup de dépenses importantes sont en réalité prévisibles plusieurs années à l’avance.

Jérémy donne l’exemple des études supérieures. Plutôt que de devoir trouver plusieurs dizaines de milliers d’euros lorsque son enfant atteint 18 ou 20 ans, il conseille de commencer à mettre de côté dès son arrivée.

Selon sa simulation, 50 € par mois pendant 25 ans permettraient d’arriver autour de 40 000 €. Une petite somme mensuelle qui peut devenir un capital significatif grâce au temps.

L’entrepreneuriat, l’accélérateur ultime ?

Pour aller plus vite, Jérémy Doyen voit un autre levier : l’entrepreneuriat.

Cela ne signifie pas forcément tout quitter pour créer une startup. Il peut s’agir d’une activité parallèle, d’achat-revente, d’immobilier ou encore d’un métier manuel exercé à son compte.

Mais il insiste sur une condition : entreprendre demande du temps. Quelques heures occasionnelles le week-end ne suffisent généralement pas pour construire une activité qui génère réellement de la valeur.
À la fin de l’épisode, lorsqu’on lui demande sa propre martingale, sa réponse va d’ailleurs dans ce sens : la rigueur reste la base, mais la véritable richesse se trouve selon lui dans l’entrepreneuriat.

Alors, combien faut-il investir pour viser le million ?

Après toutes ses simulations, Jérémy résume son scénario autour d’un chiffre : 300 € par mois sur 40 ans, en y ajoutant une utilisation de la dette immobilière.

Il précise immédiatement que tout dépend évidemment des revenus, des projets et des objectifs de chacun. Une personne gagnant 10 000 € peut tout dépenser, tandis qu’une autre gagnant 2 000 € peut réussir à mettre 500 € de côté.

L’idée n’est donc pas qu’il existe une formule magique pour devenir millionnaire, mais plutôt une combinaison : commencer tôt, investir régulièrement, utiliser intelligemment l’endettement, réinvestir les sommes exceptionnelles lorsque c’est possible et rester rigoureux dans le temps.

Et Jérémy le rappelle : tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Avantages :

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