Notez cet épisode

À quel âge donner de l’argent de poche ? Faut-il rémunérer les tâches ménagères ? Les cryptomonnaies sont-elles une bonne porte d’entrée pour initier un adolescent à l’investissement ? Derrière ces questions se cache un sujet bien plus large : comment transmettre un rapport sain à l’argent.

Pour Jeanne Le Melinaire, fondatrice Iziwup, la réponse est simple : on n’apprend pas à gérer son argent à 18 ans, mais tout au long de l’enfance. Au micro de Matthieu Stefani, elle partage les clés pour transmettre les bons réflexes financiers aux enfants, sans faire de l’argent un sujet tabou ni une obsession.

Pourquoi parle-t-on si peu d’argent en famille ?

En France, l’argent reste un sujet étonnamment tabou. Beaucoup de parents hésitent à en parler, soit parce qu’ils pensent protéger leurs enfants, soit parce qu’ils ne se sentent pas eux-mêmes à l’aise avec le sujet. Pourtant, pour Jeanne, ne rien dire n’est pas forcément la meilleure solution. Un enfant qui grandit sans jamais entendre parler d’argent découvrira souvent ces notions beaucoup plus tard, au moment où il devra déjà prendre ses premières décisions financières. À l’inverse, il n’est pas non plus souhaitable de transmettre une vision anxiogène de l’argent. L’objectif est surtout de créer des discussions simples et adaptées à l’âge de l’enfant, sans nécessairement parler de son salaire ou du patrimoine familial.

L’éducation financière commence avec les petites décisions du quotidien

D’après Jeanne, l’argent de poche est avant tout un outil pédagogique. Peu importe le montant, ce qui compte, c’est que l’enfant puisse expérimenter. Dépenser tout son argent le premier jour, attendre avant d’acheter un jouet, économiser pour un projet… Toutes ces petites expériences lui permettent de comprendre progressivement ce qu’est un budget. Elle recommande d’ailleurs de laisser les enfants faire de petites erreurs plutôt que de compenser systématiquement lorsqu’ils n’ont plus d’argent. C’est précisément en se trompant qu’ils apprennent à faire de meilleurs choix par la suite.

Faut-il payer les bonnes notes ou les tâches ménagères ?

Le sujet fait débat, y compris pendant l’épisode. Jeanne explique que, dans son enfance, certaines récompenses étaient liées aux résultats scolaires. En revanche, elle met en garde contre une logique où tout deviendrait transactionnel. Débarrasser la table, ranger sa chambre ou participer à la vie de la maison relèvent du vivre ensemble et non d’une prestation rémunérée. Si chaque geste donne lieu à une récompense financière, l’enfant peut finir par considérer que tout lui est dû. L’idée n’est donc pas de payer chaque effort, mais de lui apprendre que certaines responsabilités font naturellement partie de la vie collective.

Pourquoi les frustrations peuvent être utiles

Cela peut sembler contre-intuitif, mais elle considère que les frustrations font aussi partie de l’apprentissage. Elle raconte avoir parfois eu le sentiment, plus jeune, que certains de ses camarades avaient davantage que ce qu’elle pouvait se permettre. Avec le recul, elle estime pourtant que cette éducation lui a appris la valeur de l’argent. Les parents qui ne renflouent pas systématiquement le porte-monnaie de leurs enfants leur permettent de développer des repères qu’ils conserveront une fois adultes. Comme le résume Matthieu Stefani pendant l’échange, il faut évidemment rester présent en cas de véritable difficulté, mais cela ne signifie pas répondre à toutes les envies.

Besoin ou simple envie : une distinction essentielle

À partir d’environ sept ans, Jeanne estime que les enfants sont capables de distinguer un besoin d’un désir. Se loger, manger ou s’habiller relèvent des besoins. Les loisirs et les achats plaisir viennent ensuite, s’il reste de l’argent. Plus les enfants grandissent, plus la pression sociale complique cet exercice. L’exemple des célèbres baskets Golden Goose évoqué par Matthieu Stefani illustre parfaitement cette difficulté. Pour éviter les achats impulsifs, Jeanne Le Melinaire recommande notamment la règle des 24 heures : attendre une journée avant d’acheter permet souvent de vérifier si l’envie est toujours aussi forte.

Les cryptomonnaies fascinent les adolescents… parfois un peu trop

Lorsqu’elle intervient dans les collèges et les lycées, Jeanne constate que beaucoup d’adolescents connaissent déjà les cryptomonnaies, les ETF ou les influenceurs financiers. En revanche, ils maîtrisent rarement les notions de budget, d’épargne de précaution ou de Livret A. Pour elle, le problème n’est pas la crypto en elle-même. Au contraire, elle peut constituer une excellente porte d’entrée pour susciter la curiosité des jeunes. En revanche, commencer par des investissements très risqués sans avoir acquis les bases peut conduire à de mauvaises décisions. Elle cite notamment des cas de plateformes frauduleuses, d’achats intégrés dans les jeux vidéo ou de formations vendues plusieurs milliers d’euros par des créateurs de contenu peu scrupuleux.

Comment initier un enfant à l’investissement ?

Selon Jeanne, les premières notions d’investissement peuvent être abordées dès la fin du collège. L’objectif n’est pas de rechercher immédiatement de la performance, mais de comprendre le fonctionnement des marchés et la notion de risque. Elle raconte l’exemple d’un père qui a confié 100 € à sa fille pour investir ensemble et suivre l’évolution de cette somme au fil des mois. L’expérience permet d’apprendre sans mettre en jeu des montants importants. Plus largement, elle rappelle qu’on n’investit jamais simplement « pour investir ». Chaque placement doit répondre à un projet précis, qu’il s’agisse des études, d’un premier logement ou d’un objectif à plus long terme.

Les parents ont-ils un rôle plus important que l’école ?

Pour Jeanne, les deux sont complémentaires. Les parents transmettent, souvent sans même s’en rendre compte, leur propre rapport à l’argent. Les enfants observent les habitudes de consommation, les discussions autour des dépenses ou de l’immobilier et reproduisent souvent ces comportements une fois adultes. Mais toutes les familles ne disposent pas des mêmes connaissances. C’est pourquoi elle estime que l’école devrait permettre à chaque enfant d’acquérir un socle commun de compétences financières, afin que chacun parte avec les mêmes bases, quel que soit son milieu social.

Pourquoi faut-il aussi encourager les filles à investir ?

Matthieu et Jeanne évoquent également les différences entre les femmes et les hommes face à l’investissement. Selon elle, les femmes ne s’intéressent pas moins à l’argent par nature. Elles ont longtemps été tenues à l’écart de ces sujets et souffrent encore aujourd’hui d’un manque de confiance lorsqu’il s’agit de passer à l’action. Pourtant, une fois qu’elles investissent, plusieurs études montrent qu’elles obtiennent souvent de très bonnes performances grâce à une approche plus disciplinée et moins impulsive. Pour Jeanne Le Melinaire, il est donc essentiel d’encourager les jeunes filles à s’intéresser très tôt à ces questions, au même titre que les garçons.

Préparer l’avenir dès la naissance

Enfin, l’épisode rappelle qu’il n’est jamais trop tôt pour préparer les projets de ses enfants. Études, permis de conduire, premier achat immobilier… Jeanne Le Melinaire recommande de commencer à épargner dès la naissance lorsque c’est possible, en choisissant les supports en fonction de l’horizon du projet. Mais au-delà de l’épargne, elle insiste surtout sur un point : le plus beau patrimoine que l’on puisse transmettre à ses enfants reste sans doute une bonne compréhension de l’argent et des décisions qui l’entourent.

Avantages :

On vous a négocié un avantage exclusif chez Iziwup. Avec le code LAMARTINGALE30, vous aurez -30% sur tous les livres.

On vous souhaite une très bonne écoute ! C’est par ici si vous préférez Apple Podcasts, ou ici si vous préférez Spotify.

Et pour recevoir toutes les actus et des recommandations exclusives, abonnez-vous à la newsletter, c’est par ici.

La Martingale est un podcast du label Orso Media.

Merci à notre partenaire eToro de soutenir la Martingale.

Allez sur etoro.com et prenez le contrôle de vos investissements. E-T-O-R-O point com.

eToro est une plateforme d’investissement multi-actifs. La valeur de vos placements peut augmenter ou diminuer. Votre capital est assujetti à un risque.