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L’accord entre les États-Unis et l’Iran a calmé les marchés. Le pétrole a reflué, le trafic dans le détroit d’Ormuz reprend progressivement et les investisseurs respirent un peu. Mais cela ne veut pas dire que le risque a disparu.

Le vrai sujet n’est plus seulement le pétrole. Il se déplace vers les taux d’intérêt, les banques centrales, la dette et les zones de marché qui ont déjà beaucoup monté.

Le pétrole se calme, mais le retour à la normale prendra du temps

Le pétrole a fortement réagi au conflit, avant de corriger une grande partie de sa hausse. Ce mouvement montre que le marché ne price plus un scénario de crise ouverte.

Mais revenir à la situation d’avant prendra du temps. Les acteurs du pétrole ne vont pas reprendre immédiatement les mêmes routes, les mêmes volumes et les mêmes risques. Le détroit d’Ormuz reste un point sensible, même si la tension baisse.

À court terme, le pétrole peut donc rester dans une zone plus raisonnable. Mais le marché garde en mémoire un point important : les réserves stratégiques ont déjà été utilisées pour calmer la situation. Si une nouvelle tension apparaissait, la marge de manœuvre serait plus faible.

Le risque principal, ce sont les taux

Le pétrole a baissé, mais les taux ne se sont pas détendus aussi vite. C’est là que le vrai risque apparaît. Si les banques centrales restent trop prudentes face à l’inflation, elles peuvent maintenir des taux élevés plus longtemps. Or des taux élevés pèsent sur beaucoup de choses : les actions, l’immobilier, le crédit, les entreprises endettées et le pouvoir d’achat.

En Europe, le risque serait de remonter ou maintenir les taux alors que l’inflation vient surtout d’un choc d’énergie. Ce n’est pas la même chose qu’une inflation portée par une demande très forte ou par une spirale salaires-prix.

Aux États-Unis, le problème est différent. L’économie reste solide en apparence, mais elle repose beaucoup sur le crédit, la tech et la consommation des ménages les plus aisés. Si les taux restent élevés, la fragilité peut apparaître ailleurs.

Attention à la dette

L’accord US-Iran ne règle pas les déséquilibres de fond. Les dettes publiques restent élevées aux États-Unis, en Europe, au Japon et en Chine. Tant que les marchés acceptent de financer ces dettes, le système tient. Mais si la confiance se dégrade, l’ajustement peut être rapide.

C’est le risque lent par excellence : longtemps invisible, puis brutal quand il se matérialise. Pour un investisseur, cela plaide pour éviter les paris trop concentrés et rester prudent sur les durations trop longues en obligataire. Les fonds datés à horizon raisonnable peuvent avoir du sens, à condition de bien comprendre le risque de crédit et de garder l’investissement jusqu’à l’échéance.

Les actions américaines restent chères

Le marché américain reste porté par la tech, l’IA et les semi-conducteurs. Mais certaines zones commencent à être tendues. Le problème n’est pas que les entreprises ne gagnent pas d’argent. Certaines publient encore de très bons résultats. Le sujet, c’est le prix payé pour ces résultats.

Quand un marché monte beaucoup, avec du levier et des anticipations élevées, il devient plus vulnérable à une déception. Une baisse de 10 à 15% sur certaines valeurs américaines ne serait pas forcément une crise. Ce serait aussi une manière de revenir vers des valorisations plus raisonnables.

L’Europe peut mieux résister

L’Europe n’a pas connu la même envolée que les États-Unis sur la tech. Les valorisations y sont plus proches de leur moyenne historique.

Cela ne veut pas dire que les marchés européens sont sans risque. Mais si la tech américaine corrige, l’Europe pourrait mieux résister en relatif.

Certains secteurs restent à surveiller : les banques, les foncières cotées si les taux se détendent, les infrastructures électriques, la défense européenne ou encore les valeurs liées à l’énergie et à la réindustrialisation.

La Chine et l’Asie reviennent dans le débat

La tech chinoise reste décotée par rapport à la tech américaine. Le risque politique existe, mais il est déjà largement intégré dans les valorisations.

Si les autorités chinoises relancent la consommation ou soutiennent davantage l’économie, certaines valeurs asiatiques pourraient retrouver de l’intérêt.

L’idée n’est pas de tout miser sur la Chine, mais de reconnaître que l’écart de valorisation avec les États-Unis est devenu important.

Comment se préparer ?

Dans ce contexte, la meilleure approche n’est pas de tout vendre ni de tout acheter d’un coup.

Une méthode prudente consiste à investir progressivement : une partie maintenant, une partie après l’été, et une poche de cash en cas de correction.

Les thématiques à suivre restent cohérentes avec les tendances de fond : infrastructures électriques, défense, énergie propre, robotique, espace, quantique, et éventuellement santé avec prudence.

Mais le message principal est simple : ne pas confondre accalmie géopolitique et disparition du risque.

L’accord US-Iran réduit la pression immédiate sur le pétrole. Mais les vrais sujets pour les prochains mois seront ailleurs : les taux, la dette, la valorisation de la tech américaine et la capacité des investisseurs à rester disciplinés après plusieurs années de marchés très réactifs.

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