Notez cet épisode

Entre le retour des tensions géopolitiques, les mouvements des banques centrales et les rotations sectorielles, les marchés ont encore surpris en 2026. Derrière des indices finalement assez calmes, certaines classes d’actifs ont connu de véritables bouleversements. Quels enseignements tirer de ces premiers mois de l’année pour investir avec plus de recul ?

Les indices racontent une histoire… les marchés en racontent une autre

À première vue, le premier semestre 2026 n’a rien d’exceptionnel. Les grands indices américains continuent leur progression, tandis que les marchés européens affichent des performances plus contrastées. Pourtant, regarder uniquement les indices masque une réalité beaucoup plus mouvementée.

Sous la surface, les écarts entre secteurs ont été considérables. Certaines thématiques ont fortement progressé, tandis que d’autres, pourtant considérées comme défensives, ont déçu.

Selon Wilfrid Galand, l’une des grandes leçons de cette année est justement qu’il ne faut pas se contenter d’observer les grands indices : « Quand on regarde sous les indices, il y a des mouvements énormes. »

Cette dispersion rappelle qu’un marché peut sembler stable tout en cachant des rotations importantes entre différents secteurs.

La véritable surprise : le retour des taux d’intérêt

Le principal facteur de surprise n’a pas été la géopolitique ou les marchés actions, mais les taux d’intérêt.

Les obligations souveraines américaines et européennes ont vu leurs rendements remonter, ce qui a pesé sur les portefeuilles obligataires et modifié les équilibres financiers.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que le marché obligataire sert de référence au financement de l’économie mondiale. Lorsque les taux augmentent, le coût du crédit progresse pour les États, les entreprises et les ménages.

Pour Wilfrid Galand : « Le marché obligataire, c’est le circuit sanguin de l’économie mondiale. » Cette évolution explique pourquoi les investisseurs surveillent aujourd’hui davantage les obligations américaines que les fluctuations quotidiennes des marchés actions.

Les marchés émergents ont enfin retrouvé des couleurs

Depuis plusieurs années, les marchés émergents décevaient une partie des investisseurs. Pourtant, le début de 2026 a marqué un changement de dynamique.

Pour Camil Mikolajczak, cette classe d’actifs a constitué l’une des bonnes surprises du semestre.

L’Asie émergente, notamment la Chine, l’Inde, la Corée du Sud et Taïwan, a bénéficié de plusieurs tendances favorables :

  • une croissance économique toujours solide ;
  • des valorisations plus raisonnables que celles des marchés américains ;
  • une forte exposition aux semi-conducteurs, aux infrastructures numériques et à l’intelligence artificielle.

L’idée n’est pas que ces marchés remplaceront les États-Unis, mais qu’ils retrouvent progressivement leur place dans une allocation diversifiée.

Tous les secteurs n’ont pas profité de la même façon

L’année 2026 rappelle qu’investir en actions ne consiste pas seulement à choisir une zone géographique.

Certaines thématiques ont particulièrement bien résisté :

  • les infrastructures liées à l’IA ;
  • les semi-conducteurs ;
  • certaines valeurs énergétiques ;
  • les télécommunications.

À l’inverse, plusieurs secteurs traditionnellement défensifs ont traversé une période plus difficile.

La santé, les biens de consommation ou encore une partie du luxe ont longtemps été délaissés par les investisseurs. Ces rotations montrent qu’il est souvent risqué de construire un portefeuille autour d’une seule conviction.

L’intelligence artificielle ne profite pas à tout le monde

Le thème de l’IA reste central, mais toutes les entreprises technologiques n’en bénéficient pas de manière identique. Les fabricants de composants et les infrastructures numériques ont connu une forte croissance, tandis que plusieurs sociétés de logiciels ont été pénalisées.

Pour autant, Wilfrid et Camil restent prudents face aux scénarios annonçant la disparition de nombreuses entreprises du secteur. Créer un logiciel avec des outils d’intelligence artificielle est une chose. Construire des solutions fiables, sécurisées et capables de répondre aux besoins de grandes entreprises en est une autre.

Autrement dit, certaines corrections pourraient avoir été excessives.

L’immobilier n’est plus une évidence

Pendant longtemps, l’immobilier a été considéré comme un investissement presque incontournable. Le contexte actuel invite toutefois à davantage de prudence.

La hausse des taux a réduit la rentabilité des projets immobiliers et augmenté le coût du financement. Dans le même temps, les prix n’ont pas toujours suffisamment corrigé pour compenser cette évolution.

Pour Camil Mikolajczak, il faut distinguer deux approches :

  • l’immobilier d’usage, comme la résidence principale ;
  • l’immobilier purement patrimonial.

Selon lui, ce dernier présente aujourd’hui plusieurs contraintes : fiscalité élevée, faible liquidité et gestion parfois lourde.

Les deux intervenants rappellent également qu’un patrimoine équilibré ne doit pas être composé d’actifs difficiles à vendre rapidement.

Les ETF World sont-ils encore vraiment diversifiés ?

La question revient régulièrement chez les investisseurs particuliers. Un ETF MSCI World permet-il toujours une véritable diversification ? La réponse apportée pendant l’émission est nuancée.

Techniquement, l’indice couvre plusieurs pays développés. En pratique, il reste largement dominé par les États-Unis et les grandes valeurs technologiques. Cela ne signifie pas qu’il faille l’éviter, mais simplement comprendre ce que l’on achète réellement.

Acheter un ETF World revient aujourd’hui à faire un pari important sur l’économie américaine et sur les grandes entreprises technologiques.

Pourquoi les actions restent incontournables sur le long terme

Malgré les incertitudes économiques, les deux invités restent constructifs sur les marchés actions. L’argument principal est simple : les entreprises captent la croissance économique et le progrès technologique.

Camil Mikolajczak résume cette logique : « Les clients ont une propension à être trop sous-investis en actions. »

Pour lui, beaucoup d’investisseurs se focalisent sur les mauvaises nouvelles de court terme et oublient que les marchés financiers récompensent généralement la patience. Cela ne signifie pas qu’il faut investir sans discernement, mais qu’un horizon long permet souvent d’absorber les périodes de volatilité.

Faut-il garder du cash ?

Détenir des liquidités peut sembler peu attractif lorsque les marchés progressent. Pourtant, conserver une petite réserve présente plusieurs avantages :

  • faire face aux imprévus ;
  • éviter de vendre des actifs dans de mauvaises conditions ;
  • profiter d’éventuelles corrections de marché.

Les deux intervenants considèrent qu’une poche de liquidités peut avoir sa place dans un patrimoine équilibré, à condition qu’elle reste adaptée aux besoins de chacun.

Ce que les marchés nous apprennent vraiment depuis janvier

Le principal enseignement de ce premier semestre est peut-être qu’il devient de plus en plus difficile de résumer les marchés par une seule tendance. Les indices peuvent monter alors que certains secteurs traversent une crise. Des actifs considérés comme défensifs peuvent décevoir, tandis que des marchés longtemps oubliés retrouvent de l’intérêt.

Les débats autour des taux d’intérêt, des marchés émergents, de l’intelligence artificielle ou encore de l’immobilier montrent surtout qu’aucune classe d’actifs ne constitue une solution universelle. Dans un environnement où les rotations sont rapides et les incertitudes nombreuses, la diversification et une vision de long terme restent probablement les meilleurs alliés des investisseurs.

Allô La Martingale, c’est la libre antenne de votre argent.
Chaque mardi, deux experts de la finance répondent à vos questions.
Posez vos questions en cliquant sur ce lien : wa.me/33749761167
Émission en direct de 12h à 13h sur LinkedIn, YouTube et Twitch.
Puis disponible en replay à 18h sur toutes les plateformes de streaming audio et sur YouTube.
👉 Pour retrouver tous les liens utiles, rendez-vous sur notre Linktree.

On vous souhaite une très bonne écoute ! C’est par ici si vous préférez Apple Podcasts, ou ici si vous préférez Spotify.

Et pour recevoir toutes les actus et des recommandations exclusives, abonnez-vous à la newsletter, c’est par ici.
La Martingale est un podcast du label Orso Media.

Testez notre outil pédagogique pour vous aider à prendre le contrôle de votre argent, ici.

Merci à notre partenaire Enky de soutenir Allô la Martingale.
Pour donner du sens à votre épargne tout en cherchant du rendement, rendez-vous sur Enky.
Enky propose d’investir dans des projets de mobilier durable destinés aux entreprises, au cœur de l’économie circulaire.

Investir comporte des risques.