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27.10.2026
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Les produits structurés séduisent de plus en plus les épargnants. Leur promesse est attractive : viser un rendement défini à l’avance tout en bénéficiant, selon les produits, d’une protection partielle ou totale du capital.
Mais derrière des coupons de 7 %, 10 % voire davantage se cachent des mécanismes qui peuvent devenir difficiles à comprendre. Et surtout, un rendement élevé implique généralement de prendre davantage de risque.
Le cas de produits adossés à Stellantis en est une bonne illustration. Après la forte chute de l’action, certains épargnants se retrouvent aujourd’hui avec des produits très fortement dévalorisés. De quoi s’interroger sur la place prise par les structurés dans l’assurance-vie et sur les conséquences de leur démocratisation.
Produit structuré : que peut-on réellement perdre ?
Pour Xavier Laborde, cofondateur et CEO de Silex, le principe peut se résumer simplement : un produit structuré est une formule dont les règles sont connues dès le départ. L’investisseur doit pouvoir savoir combien il peut gagner, combien il peut perdre et dans quelles circonstances.
Le produit peut par exemple suivre une action ou un indice boursier. Il prévoit alors un coupon, une durée maximale et éventuellement une barrière de protection du capital.
Imaginons une barrière à -40 %. Tant que les conditions prévues par le produit sont respectées, cette barrière offre une certaine protection contre la baisse du sous-jacent. Mais si celui-ci chute suffisamment et que la barrière est franchie dans les conditions prévues à l’échéance, une perte en capital peut survenir.
Il faut donc distinguer capital protégé et capital garanti.
Nicolas Lefebvre, directeur général en charge de la gestion privée de ClubFunding, rappelle d’ailleurs que plusieurs familles de produits coexistent. Certains privilégient la garantie du capital, d’autres proposent des coupons plus importants en contrepartie d’un risque supérieur. ClubFunding distribue désormais certains de ces produits à partir de 1 000 €, ce qui les rend accessibles à une population d’épargnants beaucoup plus large.
Cette démocratisation rend la pédagogie d’autant plus importante.
Stellantis : quand le rendement fait oublier le sous-jacent
Le cas Stellantis montre pourquoi il ne faut jamais regarder uniquement le coupon.
De nombreux produits ont été construits autour de cette seule action. Or un produit mono sous-jacent concentre son risque sur une seule entreprise. Si celle-ci connaît de graves difficultés et que son action chute fortement, la protection prévue dans le produit peut ne plus suffire.
Nicolas prend justement l’exemple d’un produit Stellantis dont la barrière serait située à -50 %. Si, à l’approche de l’échéance, l’action affiche déjà une baisse beaucoup plus importante, le risque doit être clairement expliqué à l’investisseur. Il souligne également que les besoins de collecte et les commissions peuvent parfois pousser certains distributeurs à commercialiser trop rapidement des produits qui ne répondent pas forcément aux besoins du client.
Xavier insiste, lui, sur une autre question : pourquoi le rendement proposé est-il aussi intéressant ?
Un coupon particulièrement élevé peut provenir d’un sous-jacent lui-même très risqué ou volatil. Silex explique ainsi avoir très peu travaillé sur Stellantis, faute de conviction suffisante de ses équipes de recherche sur le titre. Pour Xavier, l’analyse du risque intrinsèque de l’entreprise doit intervenir avant la recherche d’un coupon séduisant.
Le rendement affiché ne peut donc jamais être analysé seul.
Un coupon de 12 % ou 15 % n’est pas automatiquement une bonne affaire. Il faut comprendre quel risque permet de proposer ce rendement.
Le risque augmente quand l’épargnant ne comprend plus le produit
La démocratisation des structurés pose également une question de transmission de l’information.
Entre la banque d’investissement qui construit le produit et l’épargnant qui le détient dans son assurance-vie, plusieurs acteurs peuvent intervenir : broker, distributeur, conseiller en gestion de patrimoine, assureur…
Pour Xavier, plus cette chaîne s’allonge, plus le risque de mauvaise explication, d’incompréhension ou de perte de transparence augmente. Le particulier peut alors découvrir trop tard que son capital pouvait subir une perte bien supérieure à ce qu’il avait imaginé.
Nicolas Le Febvre insiste lui aussi sur la nécessité d’un travail d’éducation. Chez ClubFunding, des spécialistes des produits structurés accompagnent les équipes chargées des relations avec les investisseurs afin d’expliquer le fonctionnement des produits proposés.
Autre élément à surveiller : les frais.
Le rapport AMF-ACPR évoqué pendant l’émission a étudié 51 produits et fait apparaître des écarts importants de coûts, allant d’environ 1 % jusqu’à 13 % dans certains cas. Une partie de ces différences peut notamment provenir du nombre d’intermédiaires impliqués dans la distribution.
Les frais doivent être indiqués dans la documentation remise à l’investisseur. Mais leur présence dans un document réglementaire ne garantit pas que l’épargnant en mesure réellement l’importance.
Avant d’investir, quelques questions deviennent donc indispensables : quel est le sous-jacent ? Quel est le rendement proposé ? Quelle est la barrière de protection ? Dans quelles circonstances puis-je perdre du capital ? Quelle est la durée maximale ? Quels sont les frais ?
Et surtout : que se passe-t-il si le scénario favorable ne se réalise pas ?
Faut-il avoir peur des produits structurés dans l’assurance-vie ?
Le cas Stellantis ne suffit pas à conclure que tous les produits structurés constituent une bombe à retardement.
Leur intérêt dépend de leur construction et du profil de l’investisseur. Ils peuvent notamment permettre de conserver une exposition aux marchés tout en intégrant une protection contre une partie de leur baisse.
Mais tous les structurés ne présentent pas le même niveau de risque.
Un produit reposant sur une seule action n’offre pas le même profil qu’un produit basé sur un indice diversifié. Un capital protégé n’est pas nécessairement garanti. Et un coupon élevé doit toujours être mis en regard du scénario dans lequel l’investisseur peut perdre de l’argent.
Pour quelqu’un qui découvre cette classe de produits, Xavier Laborde conseille ainsi de commencer simplement, par exemple avec un indice comme l’Euro Stoxx 50, une barrière de protection suffisamment basse et un objectif de rendement plus proche de 5 % que de 10 %.
Nicolas défend également l’idée de ne pas concentrer toute son exposition sur un seul produit, mais de varier les durées, les niveaux de protection et les constructions.
Le véritable risque n’est donc pas nécessairement l’existence des produits structurés dans l’assurance-vie. Il apparaît surtout lorsque la recherche de rendement prend le dessus sur la compréhension du risque.
Le cas Stellantis agit alors comme un rappel : avant de regarder le coupon promis, il faut comprendre le produit, son sous-jacent et, surtout, ce qui peut arriver lorsque le scénario prévu tourne mal.
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