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Bitcoin, Ethereum, stablecoins… Les cryptoactifs se sont progressivement installés dans le paysage de l’investissement. Mais leur adoption croissante ne fait pas disparaître leur principal risque : la volatilité reste élevée et une perte importante en capital est possible.

La vraie question n’est donc pas forcément de savoir s’il faut investir dans la crypto, mais quelle place lui donner dans son patrimoine. Une exposition trop importante peut fragiliser son épargne, tandis qu’une petite allocation peut permettre de s’exposer à cette classe d’actifs sans mettre en danger ses projets financiers.

Entre 1 et 5 % de son patrimoine financier ?

Pour Nicolas Louvet, CEO de Coinhouse, la crypto doit avant tout être envisagée comme un outil de diversification avec un niveau de risque élevé. Il évoque ainsi une allocation comprise entre 1 et 5 % du patrimoine financier liquide.

Mais ce pourcentage n’est pas une règle universelle. Deux personnes disposant du même montant à investir peuvent avoir des situations complètement différentes.

Une personne possédant un patrimoine important et déjà largement diversifié peut éventuellement accepter une exposition supérieure. À l’inverse, quelqu’un qui dispose de 15 000 ou 20 000 € d’épargne et qui pourrait avoir besoin de cet argent pour faire face à un imprévu doit être beaucoup plus prudent. Dans certains cas, ne pas investir en crypto peut tout simplement être la meilleure décision.

Le montant investi doit donc être apprécié par rapport au patrimoine global, mais aussi aux dépenses futures et à la capacité à supporter une perte.

Investir uniquement l’argent dont on peut se passer

C’est probablement la règle la plus importante : ne pas investir en crypto une somme dont on risque d’avoir besoin rapidement.

Même Bitcoin reste capable de connaître des baisses importantes. Le problème apparaît lorsqu’un investisseur est obligé de récupérer son argent pendant l’une de ces périodes. Une moins-value qui aurait éventuellement pu être temporaire devient alors une perte réalisée.

Nicolas Louvet propose ainsi de considérer l’argent investi en crypto comme une somme dont on peut se passer pendant deux à quatre ans. Cette durée ne garantit évidemment pas de retrouver sa mise ou de réaliser une performance : elle permet surtout d’éviter de dépendre d’une sortie à court terme dans un marché particulièrement volatil.

Avant d’investir, la question à se poser est donc simple : si cette somme perd fortement de sa valeur demain, puis-je attendre plusieurs années sans en avoir besoin ?

Si la réponse est non, l’exposition est probablement trop importante.

Diversifier ne veut pas dire acheter des dizaines de cryptos

La diversification est souvent présentée comme un moyen de réduire le risque. Dans l’univers crypto, elle peut pourtant devenir un piège lorsqu’elle consiste simplement à multiplier les tokens.

De nombreux projets apparus au cours des précédents cycles n’ont finalement pas tenu leurs promesses. Nicolas Louvet estime aujourd’hui qu’une grande partie des projets disponibles ne mérite pas que l’on y investisse et insiste davantage sur la sélection : existence de revenus, développement réel du projet et modèle économique tangible.

Cela ne signifie pas que Bitcoin est sans risque. Mais plus on s’éloigne des principales capitalisations pour chercher des projets plus petits, plus la volatilité et le risque peuvent devenir importants. Même des cryptoactifs bien installés peuvent subir de fortes baisses, tandis que les meme coins et certains petits tokens peuvent connaître des mouvements encore plus extrêmes.

Chercher le prochain actif capable de multiplier sa valeur peut être tentant. Mais la perspective d’un rendement spectaculaire va généralement de pair avec un risque beaucoup plus élevé. La promesse d’un gain rapide et sans risque doit au contraire être considérée avec méfiance.

Bitcoin et stablecoins n’ont pas le même rôle

Toutes les cryptos ne répondent pas au même objectif. Nicolas Louvet préfère d’ailleurs parler de cryptoactifs pour Bitcoin et d’autres actifs similaires, plutôt que de cryptomonnaies. Bitcoin se rapproche selon lui davantage d’une réserve de valeur que d’une monnaie destinée aux dépenses quotidiennes.

Les stablecoins répondent à une autre logique. Leur valeur cherche à suivre une monnaie traditionnelle comme l’euro ou le dollar. Ils peuvent notamment servir à effectuer des paiements, à arbitrer entre différents cryptoactifs ou à rester dans l’écosystème crypto entre deux investissements.

Ils ne sont toutefois pas sans risque. Leur fonctionnement dépend notamment de leur structure, de leurs réserves et de la technologie utilisée. Un stablecoin en dollars expose également un investisseur européen aux variations du taux de change euro-dollar.

Il faut donc éviter de considérer l’ensemble de la crypto comme une seule catégorie homogène. Bitcoin, un petit token spéculatif et un stablecoin n’ont ni le même fonctionnement ni le même rôle dans un patrimoine.

La crypto doit rester compatible avec le reste de son patrimoine

Déterminer la bonne allocation ne revient finalement pas à trouver un pourcentage magique.

Une exposition de 1 à 5 % constitue le repère évoqué par Nicolas Louvet, mais la proportion pertinente dépend de la situation de chacun : patrimoine disponible, épargne de précaution, projets à venir, horizon d’investissement et capacité à supporter les pertes.

Avant de chercher la performance, il faut donc s’assurer que les besoins essentiels sont couverts et que l’argent investi pourra rester immobilisé suffisamment longtemps.

La crypto peut alors trouver sa place comme une poche de diversification risquée, plutôt que comme le cœur du patrimoine. Et plus on augmente cette poche, plus il faut accepter une réalité simple : le potentiel de rendement peut être important, mais les pertes peuvent l’être tout autant.

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Investir comporte des risques.