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On peut investir régulièrement dans le Bitcoin, conserver ses cryptos pendant des années et pourtant perdre une partie de sa performance simplement parce qu’on ne regarde pas assez les frais. Pour Julien Vallet, cofondateur et PDG de Finst, c’est l’une des erreurs les plus fréquentes chez les investisseurs crypto. Ancien directeur du marché français de Degiro, il évolue depuis plusieurs années dans cet univers. Au micro de Matthieu Stefani, il décrypte les frais cachés, les risques liés aux plateformes, les arnaques et les mauvaises habitudes qui peuvent coûter cher.

Le vrai coût d’un achat de Bitcoin

Premier piège : regarder uniquement la commission affichée. Julien explique que certaines plateformes facturent autour de 1 à 1,5 % pour acheter des cryptos. Sur 1 000 €, cela peut représenter 20 à 25 € selon les acteurs qu’il a étudiés. Et lorsqu’on revend, de nouveaux frais peuvent s’ajouter.

Mais il insiste surtout sur un coût beaucoup moins visible : le spread, c’est-à-dire l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente. Une plateforme peut afficher une commission très faible, voire parler de « zéro commission », tout en proposant un prix d’exécution moins avantageux. Son conseil est donc simple : ne pas seulement regarder les frais annoncés, mais vérifier à quel prix la crypto a réellement été achetée.

Le DCA n’échappe pas à la question. Matthieu explique investir chaque semaine automatiquement dans le Bitcoin et l’Ether. Julien estime que cette stratégie peut justement éviter une autre erreur : vouloir constamment anticiper le marché. Selon lui, plus un investisseur multiplie les ordres, plus il risque de dégrader sa performance, notamment à cause des frais et des décisions prises sous le coup de l’émotion. Une stratégie plus ennuyeuse — acheter régulièrement, conserver et accepter la volatilité — peut parfois être plus efficace.

Garder ses cryptos soi-même n’est pas sans risque

Faut-il laisser ses cryptos sur une plateforme ou les transférer sur son propre wallet ? Julien ne présente pas l’une des solutions comme systématiquement meilleure que l’autre. Il rappelle surtout que la self-custody implique une vraie responsabilité : si l’on perd sa clé privée, personne ne pourra simplement réinitialiser son mot de passe.

Il raconte à ce sujet l’histoire d’un client venu directement dans les bureaux de Finst à Amsterdam avec un ancien téléphone qui n’avait plus été connecté depuis des années. L’homme savait qu’il possédait des cryptos, mais ignorait combien et ne savait plus comment y accéder. Après près d’une heure et demie de recherches, Julien parvient à restaurer son wallet : 266 000 € de cryptos sont récupérés, dont environ 240 000 € de plus-value selon ses souvenirs.

L’anecdote soulève aussi une question très concrète : que deviennent vos cryptos s’il vous arrive quelque chose ? Un wallet personnel peut offrir davantage de contrôle, mais encore faut-il avoir prévu comment ses proches pourront récupérer les actifs.

Arnaques : quand l’urgence doit mettre la puce à l’oreille

Autre risque majeur : les escroqueries. Julien explique que Finst dispose d’équipes chargées de détecter les comportements suspects et affirme que les victimes qu’ils rencontrent sont très souvent des personnes de plus de 65 ans. Le scénario peut commencer par un appel ou un message d’une personne qui se fait passer pour une banque et possède déjà suffisamment d’informations personnelles pour paraître crédible.

Le signal d’alerte le plus évident reste l’urgence. Quelqu’un vous appelle, vous demande d’ouvrir rapidement un compte crypto puis de transférer les fonds vers une adresse ? Julien recommande de ne rien faire. Une transaction crypto envoyée à une mauvaise adresse est irréversible, ce qui rend ces arnaques particulièrement dangereuses.

Même prudence face aux influenceurs qui promettent qu’un token va faire x10. Avant d’écouter leur recommandation, Julien suggère de se demander s’ils ont eux-mêmes investi dans le projet ou s’ils sont rémunérés pour en faire la promotion.

Sa stratégie : faire moins… et accepter de pouvoir perdre

Julien ne donne pas de crypto à acheter et insiste sur le fait qu’il n’existe pas de stratégie miracle. Lui-même conserve ses positions malgré ses moins-values actuelles. Son principe est surtout de ne pas investir de l’argent dont il pourrait avoir besoin rapidement : il faut pouvoir supporter une baisse pendant un, deux ou trois ans sans que cela mette ses finances personnelles en difficulté.

C’est finalement l’un des fils rouges de l’épisode : moins chercher le coup parfait et davantage maîtriser ce que l’on contrôle — les frais, la plateforme utilisée, la sécurité, son horizon d’investissement et le montant que l’on accepte de risquer.

Avantage

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Investir en crypto-actifs comporte un risque de perte. Les crypto-actifs sont très volatils et vous pouvez perdre tout ou partie de votre investissement

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