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Investir dans une startup n’est plus nécessairement réservé aux grandes fortunes. Avec un ticket de 5 000 €, il est possible de devenir business angel et d’entrer directement au capital d’une jeune entreprise. Mais cette accessibilité ne doit pas faire oublier la réalité du non-coté : le risque de perte est élevé, l’argent peut rester immobilisé pendant plusieurs années et sélectionner une bonne entreprise demande certaines compétences.
Devenir business angel ne consiste donc pas simplement à repérer une startup prometteuse et à lui faire un chèque. C’est un véritable apprentissage.
5 000 € pour investir dans une startup
Selon Valéry Bollier, président d’Impact Business Angels, 5 000 € peuvent suffire pour réaliser un premier investissement en direct dans une startup. Attention toutefois : il parle bien d’un ticket de 5 000 € par entreprise, et non d’une enveloppe de 5 000 € permettant à elle seule de constituer un portefeuille diversifié.
L’investissement direct n’est d’ailleurs qu’une manière d’accéder au non-coté. Des plateformes permettent désormais aux particuliers avisés d’accéder à des fonds autrefois réservés aux investisseurs institutionnels et aux très grandes fortunes. Les montants restent cependant plus élevés : Alice Avenel évoque par exemple un minimum d’environ 25 000 € pour certains fonds evergreen et autour de 100 000 € pour certains fonds fermés, selon les opportunités présentées.
Ces deux approches répondent à des logiques différentes. Avec un fonds, la sélection et la diversification sont en partie déléguées à des professionnels. Le business angel choisit au contraire directement l’entreprise et peut également accompagner ses fondateurs.
Être business angel, ce n’est pas seulement apporter de l’argent
Investir en direct nécessite de comprendre ce que l’on achète. Équipe fondatrice, marché, modèle économique ou encore pacte d’actionnaires : un business angel doit apprendre à analyser un projet avant d’investir.
Valéry déconseille ainsi de placer son argent uniquement parce que l’on connaît personnellement un entrepreneur. Un pacte d’actionnaires mal construit, une équipe incomplète ou un mauvais positionnement peuvent fragiliser un projet. L’expérience permet progressivement d’identifier certains de ces signaux d’alerte.
C’est pourquoi rejoindre un réseau de business angels peut être intéressant lorsqu’on débute. L’objectif est à la fois d’apprendre auprès d’investisseurs plus expérimentés et d’éviter de prendre seul des décisions sur une classe d’actifs complexe.
Le rôle peut également aller beaucoup plus loin que le financement. Un business angel peut partager son expérience, ouvrir son réseau, conseiller les fondateurs et les accompagner pendant plusieurs années. Cette dimension explique pourquoi cet investissement peut être particulièrement impliquant.
Diversifier pour ne pas tout miser sur une seule startup
Investir 5 000 € dans une entreprise ne signifie pas qu’il soit pertinent de placer l’intégralité de son enveloppe disponible sur cette seule société. La diversification reste essentielle.
Dans un portefeuille de startups, certaines entreprises peuvent échouer tandis que quelques réussites peuvent générer une part importante de la performance. Il est cependant impossible de savoir à l’avance lesquelles deviendront ces réussites.
La sélection joue donc un rôle central. Une entreprise qui paraît prometteuse peut rencontrer des difficultés, et les performances spectaculaires observées sur quelques startups ne doivent pas être considérées comme représentatives de l’ensemble du marché.
Le non-coté doit ainsi rester une poche d’un patrimoine, dont la taille dépend notamment de la situation financière et de la tolérance au risque de chacun. Alice évoque, à titre indicatif pour un particulier, une exposition qui pourrait passer d’environ 2 % actuellement à 5 ou 6 % du patrimoine. Il ne s’agit toutefois pas d’une règle universelle.
Le principal piège : oublier que l’argent peut rester bloqué longtemps
Le risque de perdre une partie ou la totalité de son capital est évident lorsqu’on investit dans une startup. Mais un autre risque est parfois sous-estimé : l’illiquidité.
Contrairement à une action cotée que l’on peut généralement vendre rapidement en Bourse, il n’existe pas nécessairement d’acheteur disponible pour les titres d’une startup. Un business angel peut donc conserver sa participation pendant cinq, huit ou dix ans, voire davantage.
Des marchés secondaires et certaines solutions de liquidité commencent à se développer, mais ils restent limités. Il faut donc investir uniquement de l’argent dont on peut accepter de ne pas disposer pendant plusieurs années.
Cette temporalité explique également pourquoi il est dangereux de se focaliser uniquement sur les multiples potentiels. Un x2 réalisé rapidement n’a pas la même signification qu’un x2 obtenu après dix ans, et les performances exceptionnelles de certaines startups restent… exceptionnelles.
Commencer par apprendre avant d’investir
La baisse des tickets d’entrée rend aujourd’hui le non-coté beaucoup plus accessible. Mais démocratiser l’accès ne supprime ni le risque, ni la complexité.
Pour quelqu’un qui souhaite devenir business angel, la première étape n’est donc probablement pas de chercher immédiatement la prochaine licorne. Il faut d’abord comprendre comment fonctionne une levée de fonds, apprendre à analyser une équipe et son marché, lire un pacte d’actionnaires et déterminer quelle part de son patrimoine peut réellement être immobilisée sur le long terme.
Le conseil donné par Valéry aux débutants résume bien cette approche : prendre le temps d’apprendre et de comprendre le métier avant de se lancer. De son côté, Alice insiste sur trois mots lorsqu’il s’agit d’investir dans le non-coté : « sélection, sélection, sélection ».
À partir de 5 000 €, devenir business angel est donc possible. Mais le montant du premier chèque est finalement la partie la plus simple : la qualité de la sélection, la diversification, la patience et l’accompagnement des entrepreneurs feront toute la différence.
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