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21.05.2026
#318
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Guerre en Ukraine, tensions dans le Golfe, dépendance aux détroits stratégiques, explosion des besoins liés à l’IA… Pour Thomas Friedberger, nous sommes en train de basculer d’un monde construit sur « l’efficience » vers un monde construit sur la « résilience ».
Thomas Friedberger est co-CEO et CIO de Tikehau Capital. Au micro de Matthieu Stefani, il explique pourquoi les grandes transformations énergétiques, industrielles et géopolitiques vont créer des besoins massifs d’investissement dans les prochaines décennies.
Pourquoi passe-t-on d’un monde « d’efficience » à un monde « de résilience » ?
Pendant plusieurs décennies, l’économie mondiale a été organisée autour de l’optimisation : produire au coût le plus faible possible, réduire les stocks, délocaliser les chaînes de production et maximiser l’endettement dans un environnement de taux bas.
Mais selon Thomas Friedberger, la crise du Covid, la guerre en Ukraine ou les tensions géopolitiques actuelles ont révélé la fragilité de ce modèle. Les entreprises doivent désormais sécuriser leurs approvisionnements, relocaliser certaines activités, investir dans des infrastructures plus robustes et réduire leur dépendance à certaines zones stratégiques.
Résultat : la création de valeur viendra davantage des investissements de long terme (“CAPEX”) que de la simple optimisation financière.
Les « 4D » qui vont transformer l’économie mondiale
Thomas résume cette nouvelle phase autour de quatre grands thèmes : la décarbonation, la défense, la digitalisation et la déglobalisation.
Selon lui, ces secteurs vont nécessiter des investissements massifs dans les prochaines années. Il cite notamment une estimation de McKinsey évoquant environ un PIB mondial de CAPEX supplémentaires nécessaires pour construire cette nouvelle résilience économique.
Pour lui, la croissance sera moins tirée par la consommation et davantage par les grands investissements d’infrastructure.
Pourquoi l’énergie redevient centrale ?
« L’économie, c’est de l’énergie transformée », résume Thomas Friedberger.
Pour lui, le sujet énergétique n’est plus seulement environnemental : il devient stratégique, industriel et géopolitique. L’Europe et l’Asie restent fortement dépendantes des importations énergétiques et donc vulnérables aux tensions mondiales.
Dans le même temps, les besoins explosent avec :
- l’électrification des transports,
- la rénovation énergétique des bâtiments,
- la croissance des data centers,
- le développement de l’IA,
- et l’urbanisation massive dans les pays émergents.
Selon lui, le besoin mondial d’électricité va fortement augmenter dans les prochaines décennies.
Pourquoi la décarbonation devient aussi un enjeu économique ?
Thomas Friedberger insiste sur un point : le monde aurait désormais intérêt économiquement à décarboner.
Selon lui, les coûts des énergies décarbonées baissent rapidement tandis que les infrastructures énergétiques deviennent un enjeu de souveraineté. Les États-Unis devront eux aussi investir massivement dans le nucléaire et les renouvelables pour soutenir le développement de l’IA.
Il souligne également l’accélération spectaculaire de la Chine dans ce domaine : électrification massive des villes, développement des lignes à grande vitesse et montée en puissance du nucléaire.
Pour Thomas, les entreprises qui apportent des solutions d’efficience énergétique pourraient bénéficier d’un marché gigantesque dans les années à venir.
Quels secteurs pourraient profiter de cette transition ?
La discussion évoque notamment les entreprises spécialisées dans :
- l’ingénierie énergétique,
- les réseaux électriques,
- les logiciels d’optimisation énergétique,
- la rénovation des bâtiments,
- les infrastructures électriques,
- ou encore l’agriculture régénératrice.
Thomas considère que les “vendeurs de pelles” de cette nouvelle économie de la résilience pourraient être les grands gagnants du cycle à venir.
Comment investir dans ces thématiques ?
Thomas fait distinguer plusieurs approches : les actions cotées, les infrastructures, le venture capital spécialisé climate tech et le private equity.
Il explique que beaucoup d’entreprises les plus exposées à ces thèmes restent aujourd’hui non cotées.
Il rappelle aussi que le private equity reste une classe d’actifs risquée : faible liquidité, horizon d’investissement long, portefeuille concentré et risque élevé malgré des objectifs de rendement potentiellement importants.
Pourquoi la Chine devient incontournable ?
Selon Thomas, la Chine possède aujourd’hui un coût de production électrique très compétitif, une forte capacité industrielle, une énorme densité d’ingénieurs et une capacité d’innovation extrêmement rapide.
Il estime que le pays est devenu très difficile à concurrencer dans certains secteurs manufacturiers et énergétiques.
Pour lui, l’Europe doit arrêter de “s’autoflageller” et chercher davantage de partenariats intelligents afin de rattraper une partie de son retard industriel.
Ils citent les références suivantes :
- Les lettres aux actionnaires de Warren Buffett
Ainsi que d’anciens épisodes de La Martingale et de Allô La Martingale :
- Faut-il investir dans la défense européenne ?
- Défense européenne : le meilleur placement ?
- Faut-il revenir à l’Europe ?
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